Certaines Åuvres connaissent des destinées exceptionnelles. Nées en un lieu, à une époque donnée, elles résonnent au fil des siècles sur dâimmenses territoires, parce quâelles portent en elles une pensée universelle. Câest pourquoi chacun croit connaître les fables de KalÄ«la wa-Dimna, alors que lâédifice textuel et iconographique est polymorphe, mouvant et mutant, et quâil nâa cessé dâévoluer au cours de ses voyagesâ ; une Åuvre, somme toute, impossible à éclairer sous un seul jour et à contenir en un seul discours.
Né en Inde aux alentours du IIIe siècle sous la forme dâapologues en sanskrit dont il ne subsiste aujourdâhui que des versions tardives, lâouvrage connaît un destin extraordinaire quâa minutieusement relaté lâhistorien de lâart Ernst Grube en 1991 dans un livre pionnier1. En retraçant, étape par étape, les ramifications complexes de la trame textuelle, en en proposant un arbre généalogique, il cernait aussi plus précisément lâiconographie des fables. Câest une entreprise phénoménale quâil mit alors en Åuvre, une étude fondamentale pour les recherches à venir. Celles-ci, pourtant, demeureront peu nombreuses2. Sans doute parce que sâintéresser aux illustrations, câest ajouter des perspectives dédaléennes à une Åuvre déjà labyrinthique, câest échafauder une nouvelle stratigraphie, celle de lâimage, alors même que lâhistoire du texte pose encore de nombreuses questions.
Entre 2012 et 2017, un programme de recherche intitulé Tradition manuscrite et transmission iconographiqueâ : les manuscrits à peintures de KalÄ«la wa-Dimna, mené conjointement par la Bibliothèque nationale de France et Sorbonne Université, a été entièrement consacré à lâétude des manuscrits illustrés de KalÄ«la wa-Dimna en langue arabe3. Le texte arabe a été choisi comme point de départ car il constitue une étape fondamentale dans lâhistoire de lâÅuvre4. En effet, la première version en arabe connue a été composée aux alentours de 750 par Ê¿Abd AllÄh Ibn al-MuqaffaÊ¿, lettré dâorigine persane au service de la dynastie omeyyade, puis abbasside. Ibn al-MuqaffaÊ¿ sâappuie sur une traduction des fables sanskrites en pehlevi, ou moyen-perse, version élaborée au VIe siècle de notre ère à la cour du roi sassanide Khusraw AnÅ«shirvÄn (r. 531-579) mais dont nous nâavons gardé dâautres traces que sa version arabe, ainsi quâune traduction syriaque5. Or, les plus anciennes copies du texte arabe sont assez tardives, elles datent de la première moitié du XIIIe siècle6 et le manuscrit Arabe 3465 de la Bibliothèque nationale de France en est sans doute le plus célèbre représentant7. Cette copie revêt une importance considérable dans lâhistoire de lâart du monde islamique parce quâil sâagit aussi de la plus ancienne version illustrée du texte connue. Elle est dotée de quatre-vingt-dix-huit peintures dont il sera fréquemment question dans les pages qui suivent, de belles illustrations qui sâinscrivent dans une tradition picturale issue de lâOrient chrétien. Lâouvrage a également la particularité de sâouvrir sur une préface peu commune, dans laquelle il est mentionné, on ne peut plus explicitement, que KalÄ«la wa-Dimna est un texte destiné à être illustré8. Ce type de témoignage, extrêmement rare dans le monde islamique médiéval, est particulièrement précieux pour lâhistoire de sa peinture9.
On a pu mettre en doute lâauthenticité de cette préfaceâ : Ibn al-MuqaffaÊ¿ a-t-il réellement formulé, et en ces termes, plus de quatre siècles avant lâélaboration de cette copie, exactement cette même idéeâ ? Ou bien le texte originel aurait-il été revu et agrémenté de ces précisions afin de justifier, peut-être, la présence des illustrations dont est dotée cette copieâ ? à moins dâune découverte future, ces questions resteront sans réponse et, somme toute, cela nâa pas réellement dâimportance. La place capitale de lâiconographie dans lâhistoire des fables de KalÄ«la wa-Dimna est indéniable, lâimage existe par-delà le texte, et peut-être même avant lui, comme en témoignent quelques vestiges archéologiquesâ : bas-relief de Java, fresques de Pendjikent ou plâtres moulés du Bengale10. Une iconographie abondante et pérenne dont on trouve des témoignages hors du monde islamique, au XIe siècle, comme une peinture figurant au sein dâun recueil de textes ésopiques où sont insérés quelques extraits de KalÄ«la wa-Dimna traduits en grec11. Les deux chacals y sont représentés face à face, en miroir, exactement comme dans les manuscrits arabes postérieurs. Cette image atteste dâune tradition dâillustrations au sein des manuscrits largement antérieure à la copie Arabe 3465 de la BnF. Si les développements du texte arabe en diverses versions, en prose ou versifiées, ont bien sûr eu un impact sur le choix des représentations et sur leur traitement, certains thèmes iconographiques, associés aux fables les plus anciennes, ont relativement peu évolué au fil des siècles et des voyages du texte.
Il existe à la Bibliothèque nationale de France six manuscrits à peintures de KalÄ«la wa-Dimna en langue arabe, soit un cinquième des manuscrits arabes recensés12. Câest là , déjà , une base solide pour amorcer un programme de recherche. Les datations sâéchelonnent entre le XIIIe et le XVIIIe siècle, soit une vaste chronologie au sein de laquelle chaque Åuvre constitue une étape. Ainsi, le plus ancien manuscrit (Arabe 3465) est datable de la première moitié du XIIIe siècle, câest-à -dire avant la chute de Bagdad (1258) et lâinstallation au Moyen-Orient de dynasties mongoles dont les goûts ont profondément marqué une importante partie des arts de lâIslam. Un autre ouvrage, le manuscrit Arabe 3467, a été exécuté au XIVe siècle, sous le sultanat mamelouk (1250-1517). Ses peintures sont caractéristiques des styles en vigueur à cette époque, comme on peut aisément sâen apercevoir en les comparant à celles de copies mameloukes de KalÄ«la wa-Dimna conservées dans dâautres fonds européens13. Les dates des Åuvres plus tardives, les manuscrits Arabe 3470, Arabe 3472, Arabe 3475 et Arabe 5881, sâéchelonnent entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Parmi elles, le manuscrit Arabe 3470, copié et illustré aux alentours du XVIIe siècle et le manuscrit Arabe 3475, daté de 1175H/1761, par un colophon, sont eux-mêmes de fidèles copies de manuscrits plus anciensâ : Arabe 3465, ainsi quâun autre ouvrage exécuté à Bagdad à la fin du XIIIe siècle, en pleine période mongole, et aujourdâhui conservé à la Bibliothèque royale de Rabat. Les liens existant entre ces Åuvres aux origines éloignées témoignent de lâimpact considérable de la transmission dans la construction de la tradition iconographique islamique. Ils mettent en lumière un riche faisceau dâinformations et permettent dâinterroger certains concepts de lâhistoire de lâart islamique et de proposer de nouvelles définitions de son univers pictural.
Le programme KalÄ«la wa-Dimna avait pour but ultime de documenter et interroger ce que lâon désigne encore parfois comme «â la peinture arabeâ »14. De manière étrange, rares sont les historiens de lâart qui ont remis en question la pertinence de cette appellation, alors que la plupart sâaccordent sur le fait quâelle est historiquement peu valable et ne peut être artistiquement cantonnée à un style défini, ou à un centre de production avéré. La définition selon laquelle la peinture «â arabeâ » est celle qui orne les ouvrages en langue arabe est bien sûr caduque, mais force est de reconnaître quâil est difficile, à ce stade de nos connaissances, de proposer une terminologie plus précise pour classer ces Åuvres15. Depuis les toutes premières études consacrées au sujet, les historiens de lâart islamique semblent avoir volontairement négligé les périodes tardives, les percevant comme des productions commerciales de moindre valeur, tout en sâinscrivant là dans le sillage de R. Ettinghausen qui regrettait quâaprès la période mamelouke, la peinture arabe soit tombée «â à des niveaux indignesâ »16. Il ne sâagit pas de vilipender lâune des plus grandes figures de lâhistoire de lâart islamique, mais il est temps de penser en dâautres termes et de définir de nouvelles bases, une réflexion à laquelle le programme KalÄ«la wa-Dimna sâest en partie consacré. Les articles rassemblés dans le présent ouvrage explorent des voies nouvelles en se concentrant sur lâanalyse dâÅuvres inédites, ou méconnues et en proposant dâapprofondir des pistes de réflexion rarement visitées. Filiation, reproduction, mutation sont les maîtres mots de cette recherche collective et nous avons voulu quâils demeurent les fils conducteurs de la publication qui en résulte. Le livre de KalÄ«la wa-Dimna en effet, par son histoire hors du commun, ses voyages dans le temps et dans lâespace, se prête parfaitement à lâexercice. Continuellement, son étude pose la question de la transmission, littéraire et artistique, qui elle-même nous ramène à lâhumainâ : contextes de production, goût du lectorat, choix des artistes, souhaits des mécènes, moyens matériels et procédés artistiques.
Toutes ces problématiques sont mises en Åuvre dans cet ouvrage qui réunit des spécialistes parmi les meilleurs du domaine. Sa première partie renouvelle les études sur le texte de KalÄ«la wa-Dimna en remettant en question les paradigmes dominants concernant lâhistoire des versions arabes et persanes du recueil. à lâinitiative dâun projet dâédition digitale du texte arabe de KalÄ«la wa-Dimna à la Freie Universität de Berlin, Beatrice Gruendler montre lâexistence de multiples variantes textuelles à partir de lâétude de la fable «â Le chat et le ratâ » dans sept manuscrits sâéchelonnant entre 1221 et 1699. Récusant lâidée même dâune reconstruction du texte original, elle sâinterroge sur les ressemblances et les divergences de chaque version et met en avant le rôle fondamental des copistes dans des processus de réécriture destinés à des publics spécifiques. Cette approche de lâÅuvre par le texte se poursuit grâce à lâarticle de Christine van Ruymbeke qui se penche sur les deux adaptations persanes les plus célèbres. Sâappuyant sur un minutieux travail de comparaison des versions dâIbn al-MuqaffaÊ¿, de Naá¹£r AllÄh MunshÄ« et de KÄshifi de la fable «â Lââne, le lion et le chacalâ », Christine van Ruymbeke conteste lâidée communément admise selon laquelle le substrat indien constitue la trame originelle de KalÄ«la wa-Dimna et met en lumière lâapprofondissement des thèmes apporté au texte arabe dans les adaptations persanes. Enfin, lâarticle de Jean-Charles Coulon aborde un aspect inédit lié à lâutilisation des manuscrits à peintures. Son intérêt se porte sur le paratexte, à savoir les marques de géomancie présentes dans les marges et sur les peintures dâun manuscrit mamelouk de KalÄ«la wa-Dimna conservé à la BnF sous la cote Arabe 3467 et il émet plusieurs hypothèses sur le sens à leur donner en mettant en lumière un usage encore inconnu du texte.
La deuxième partie du volume est consacrée aux questions de transmission iconographique, pierre angulaire du corpus étudié dans le programme de recherche. Plusieurs copies tardives sont ainsi clairement redevables à des exemplaires antérieurs. Lâarticle dâAnnie Vernay-Nouri montre comment le plus ancien manuscrit illustré connu de KalÄ«la wa-Dimna (Paris, BnF, Arabe 3465) constitue un jalon majeur dans la chaîne de transmission. Deux volumes du XVIIe siècle (Paris, BnF, Arabe 3470 et Oxford, OBL, E.D. Clarke.Or.09) y puisent directement selon des modalités infiniment complexesâ ; dâautres copies, plus lointaines, en sont également tributaires. Lâarticle suivant que lâon doit à Anna Contadini resitue les premiers manuscrits illustrés de KalÄ«la wa-Dimna dans le contexte plus large de la peinture arabe des XIIIe et XIVe siècles. Elle se penche également sur la question de lâintertextualité et de lâexistence dâun répertoire iconographique commun. Bernard OâKane, quant à lui, exploite une copie datée de 1761 (Paris, BnF, Arabe 3475) pour reconstituer les images manquantes du cycle iconographique dâun des plus anciens manuscrits illustrés, datant de la période ilkhanide (Rabat, BRR, ms. 3655) qui jusquâici nâa fait lâobjet que de très peu dâétudes.
La troisième partie de lâouvrage sâattache à analyser les mécanismes de construction et de production des images. Lâarticle de Mounia Chekhab-Abudaya montre la relation étroite entre anecdotes et peintures au travers de lâétude dâun manuscrit du SulwÄn al-mutÄ (Doha, MIA, ms. 27.1997). Apparenté au texte de KalÄ«la wa-Dimna, ce manuscrit comporte vingt-six peintures dont la qualité en fait lâun des plus beaux spécimens illustrés de lâépoque mamelouke. Lâarticle dâÃloïse Brac de la Perrière démontre comment plusieurs manuscrits ont été utilisés de manière successive, sur un temps long et dans divers contextes, pour donner naissance à une Åuvre hétéroclite et déroutante (New York, MMA, 1981.373.51), véritable patchwork dâimages. Elle souligne le rôle important joué par lâutilisation des calques et des poncifs dans lâélaboration des peintures. Enfin, les analyses physico-chimiques menées par Nathalie Buisson et Annie Vernay-Nouri viennent clore cette partie et éclairent à un autre niveau un corpus de sept manuscrits de la BnF réalisés entre le XIIIe et le XVIIIe siècle (dont six KalÄ«la wa-Dimna). Elles ont permis de différencier les palettes de couleurs selon les époques et jettent une lumière nouvelle sur lâattribution de certains groupes de manuscrits à des ateliers communs.
La quatrième partie explore les mutations profondes qui transforment texte et images lorsque lâÅuvre sâexporte au-delà de ses frontières spatiales ou temporelles. Dans le premier des articles, Yves Porter étudie un aspect original du manuscrit de Rabat (Rabat, BRR, ms. 3655), copié au début de la domination ilkhanide sur lâIraq. Se penchant sur lâinfluence mongole, il sâinterroge sur la signification des «â marqueurs ethnoculturelsâ » dans un contexte de profonds bouleversements politiques et culturels. Le chapitre qui suit, fruit dâun travail collectif ici synthétisé et analysé par Aïda El Khiari, aborde les problématiques complexes liées à lâ«â identitéâ » et au concept de «â peinture arabeâ » à travers lâétude dâun manuscrit inédit. Conservée dans une collection particulière, cette adaptation versifiée en arabe de KalÄ«la wa-Dimna dont ce manuscrit est le seul exemplaire illustré connu, constitue un témoin exceptionnel de son temps. Il apporte des éléments nouveaux à notre connaissance des activités picturales de la première moitié du XVIe siècle, période encore largement ignorée par les historiens de lâart islamique. Francis Richard, quant à lui, étudie une version turque de KalÄ«la wa-Dimna différente du HümÄyÅ«nnÄme et dont seules quelques pages sont préservées à la BnF et à la BULAC. Leurs illustrations, de très belle facture, se rattachent à la production impériale ottomane de la seconde moitié du XVIe siècle. Enfin, Mika Natif, dans le dernier article du volume, sâintéresse à la manière dont le texte de KalÄ«la wa-Dimna ainsi que son iconographie sont réinvestis par lâInde moghole dans IyÄr-i DanÄ«sh, une nouvelle adaptation commanditée en 996H/1587-8 par lâempereur Akbar auprès de son ministre AbÅ« al-Faáºl ibn MubÄrak.
Offertes au sein dâun même ouvrage, ces contributions visent à saisir dans sa globalité une Åuvre polysémique qui nâa eu de cesse, au gré des siècles et des langues, de se transformer. Embrassant dâun même regard ses différents aspects, les articles conjuguent lâétude du texte, dans son histoire et sa narratologie, aux approches stylistiques et iconographiques des peintures. Ils bénéficient tout autant des apports complémentaires de lâanalyse matérielle (paléographie, codicologie, études physico-chimiques â¦) et démontrent ainsi la fécondité de lâapproche multidisciplinaire.
Ernst J. Grube, éd., A Mirror for Princes from India: Illustrated Versions of the Kalilah Wa Dimnah, Anvar-i Suhayli, Iyar-i Danish, and Humayun Nameh (Bombayâ : Marg Publications, 1991). Il publie également un catalogue exhaustif des manuscrits recensés, Grube, «â Prolegomena for a Corpus Publication of Illustrated Kalilah wa Dimna Manuscriptsâ », Islamic Art 4 (1990-91), 301-481.
Si les manuscrits en langue persane dotés dâillustrations ont donné lieu à un certain nombre dâarticles et de monographies, les publications consacrées aux manuscrits arabes des fables sont beaucoup moins nombreuses. Lâouvrage publié par Bernard OâKane en 2003 adopte une approche globale en traitant lâensemble de la production des manuscrits persans jusquâau XIVe siècleâ : Bernard OâKane, Early Persian Painting: Kalila and Dimna Manuscripts of the Late Fourteenth Century (Londonâ : I.B. Tauris, 2003). Il fournit un addenda extrêmement utile décrivant lâensemble des manuscrits arabes et persans de KalÄ«la wa-Dimna, jusquâau XIVe siècle, addenda reposant sur le catalogue exhaustif des manuscrits illustrés en arabe, persan et turc de KalÄ«la wa-Dimna, publié par Ernst Grube en 1990-91.
Dirigé par Annie Vernay-Nouri et Ãloïse Brac de la Perrière, ce programme sâest inscrit dans le cadre dâun plan triennal de la BnF (2013-2015). Il a bénéficié en janvier 2016 dâune prolongation de deux ans. Il a également été soutenu par lâUMR 8167 Orient et Méditerranée, lâUMR 7192 Proche-Orient/Caucase et a bénéficié de la collaboration dâétudiants de Sorbonne Université qui ont participé à sa mise en place. Entre 2013 et 2014, Thomas Lorain, en a assuré la coordination, puis entre 2014 et 2017, Aïda El Khiari. Cet ouvrage lui est grandement redevable et nâaurait pu voir le jour sans son investissement constant durant toutes ces années.
Au sujet de lâhistoire du texte arabe et ses nombreux développements au cours du temps voir les travaux de Martin Sprengling, «â KalÄ«la Studiesâ », American Journal of Semitic Languages and Literatures 40, n°2 (1924)â : 81-97â ; Carl Brockelmann, «â KalÄ«la wa-Dimnaâ », in Encyclopaedia of Islam, Second Edition, éd. Peri Bearman et al. (Leidenâ : Brill, 1960-2007), 503-506â ; François de Blois, BurzÅyâs Voyage to India and the Origin of the Book of KalÄ«lah Wa Dimnah (Londonâ : Royal Asiatic Society, 1990)â ; Johannes Niehoff-Panagiotidis, «â Textgeschichte von KalÄ«la wa-Dimnaâ », in Ãbersetzung und Rezeption. Die byzantinisch-neugriechischen und spanischen Adaptionen von Kalila wa-Dimna, éd. Johannes Niehoff-Panagiotidis (Wiesbadenâ : Reichert, 2003), 9-60â ; Sharon Kinoshita, «â Translatio/n, Empire, and the Worlding of Medieval Literature: the Travels of Kalila wa Dimnaâ », Postcolonial Studies 11, no 4 (2008)â : 371-85â ; Dagmar Riedel, «â Kalila wa Demna, iâ : Redactions and Circulationâ » in Encyclopedia Iranica, éd. Ehsan Yarshater, 15, fasc. 4 (Londresâ : Routledge, 2010), 386-95â ; Beatrice Gruendler, «â Les versions arabes de KalÄ«la wa-Dimna â : une transmission et une circulation mouvantesâ », in Enoncés sapientiels et littérature exemplaireâ : une intertextualité complexe, éd. Marie-Sol Ortola et Marie-Christine Bornes-Varol (Nancyâ : Presses universitaires de Nancy, 2013), 385-416â ; Simona Cohen et Housni A. Shehada, «â From the Panchatantra to La Fontaine: Migrations of Didactic Animal llustrations from India to the Westâ » Artibus Asiae 77, n°1 (2017)â : 5-68.
De Blois, BurzÅyâs Voyage to India, 66-72.
Le plus ancien manuscrit arabe est daté de 618H/1221â ; il est conservé à la bibliothèque de la Süleymaniye sous la cote Ayasofia 4095. Le manuscrit a servi de base à une édition du texte, voir Ê¿Abd AllÄh Ibn al-MuqaffaÊ¿, Kalila wa-Dimna, éd. âAbd al-WahhÄb Ê¿AzzÄm (Le Caireâ : Dar al-MaÊ¿Ärif, 1941).
Le manuscrit ne possède pas de colophon et a été daté sur la base de ressemblances stylistiques avec un manuscrit des MaqÄmÄt (Paris, BnF, Arabe 6094) daté de 1222. Voir à ce sujet Hugo Buchthal, «â The Painting of the Syrian Jacobites in its Relation to Byzantine and Islamic Artâ », Syria 20, no 2 (1939)â : 136-150â ; Buchthal, «â âHellenisticâ Miniatures in Early Islamic Manuscriptsâ », Ars Islamica 7, no 2 (1940)â : 125-150â ; Buchthal, «â Indian Fables in Islamic Artâ », Journal of the Royal Asiatic Society of Great Britain and Ireland, no 4 (1941)â : 317-324.
Paris, BnF, Arabe 3465, f.33v.
OâKane, Early Persian Painting, 23-24.
Julian Raby, «â Between Sogdia and the Mamluks: a Note on the Earliest Illustrations to Kalila wa Dimnaâ », Oriental Art 33, n° 4 (1987-88): 381-98 ; Marijke J. Klokke, «â The Tortoise and the Geese: a Comparison of a Number of Indian and Javanese Literary and Sculptural Versions of the Storyâ », in The Art and Culture of South-East Asia, éd. Chandra Lokesh (New Delhiâ : International Academy of Indian Culture, 1991), 181-198â ; Klokke, The Tantri Reliefs on Ancient Javanese Candi (Leidenâ â â : KITLV Press, 1993)â ; Channabasappa S. Patil, «â Panchatantra Sculptures in India and Abroadâ », Asia Prashant 4, no 1-2 (1997)â : 46-62 ; Boris I. Marshak, Legends, Tales, and Fables in the Art of Sogdiana (New York : Bibliotheca Persica Press, 2002) ; Matteo Compareti, «â Classical Elements in Sogdian Art: Aesopâs Fables Represented in the Mural Paintings at Penjikentâ », Iranica Antiqua 47 (2012)â : 303-316.
La copie ésopique a sans doute été exécutée en Italie du Sud, elle est aujourdâhui conservée à New York au sein de la Pierpont Morgan Library (ms. 397)â ; voir à ce sujet Myrtilla Avery, «â Miniatures of the Fables of Bidpai and of the Life of Aesop in The Pierpont Morgan Libraryâ », The Art Bulletin 23, no 2 (1941)â : 103-116.
Le recensement effectué au cours du programme de recherche a permis dâidentifier plusieurs exemplaires illustrés qui nâétaient pas inclus dans le catalogue de Grubeâ ; ainsi, huit manuscrits ont été redécouverts, soit un total de vingt-sept manuscrits illustrés, trois folios illustrés et sept manuscrits destinés à être illustrés. Une grande partie des peintures figurant dans ce livre sont publiées pour la première fois.
Munich, BSB, Cod.Ar.616â ; Oxford, OBL, Pococke 400â ; Cambridge University, TS-AR-051-060.
Richard Ettinghausen, La peinture arabe (Genèveâ : Skira, 1962).
A. Contadini revient avec justesse sur ces questions inhérentes à la définition de la peinture arabe dans Anna Contadini, éd., Arab Painting: Text and Image in Illustrated Arabic Manuscripts (Leiden: Brill, 2007). Au sein de ce volume collectif, les contributions suivantes sâattachent tout particulièrement à déconstruire la taxinomie de la «â peinture arabeâ »â : Contadini, «â The Manuscript as a Wholeâ », in Arab Painting, 3-16â ; Oleg Grabar, «â What Does âArab Paintingâ Meanâ ?â », in Arab Painting, 17-22.
Ettinghausen, La peinture arabe, 180.