1 Introduction
Le traité grec de grammaire le plus ancien qui nous soit parvenu est lâouvrage intitulé TéchnÄ DionysÃou grammatikoû, que lâon date traditionnellement â à tort ou à raison â du IIe siècle avant notre ère et que lâon attribue à un auteur connu sous le nom de «â¯Denys le grammairienâ¯Â», dit aussi Dionýsios Thrâx «â¯Denys le Thraceâ¯Â» (ou «â¯Denys de Thraceâ¯Â»)1. Cet ouvrage est, malgré ses dimensions restreintes â il appartient au genre du «â¯compendium techniqueâ¯Â», florissant à lâépoque hellénistique â, véritablement fondateur dans la discipline, et lâinfluence en a été considérable, aussi bien dans le monde grec proprement dit que dans les pays où les lettres grecques ont été cultivéesâ¯; câest le cas notamment de lâArménie ancienne, où les commentateurs de la grammaire de Denys de Thrace ont été nombreux. Dans cette abondante littérature grammaticale arménienne, qui a été lâobjet de nombreuses études2, je me limiterai à examiner ici quelques aspects de la version arménienne de la grammaire de Denys (ci-aprèsâ¯: DTArm), en partant de lâédition classique de Nicolas Adontz (1915), ouvrage écrit en russe, longtemps difficile dâaccès mais disponible, depuis maintenant un demi-siècle, en traduction française (1970)3. Du côté de la philologie grecque, je mâappuierai sur lâexcellente traduction annotée de la TéchnÄ que lâon doit à Jean Lallot (1989), avec reproduction du texte grec tel quâil est donné dans lâédition des Grammatici Graeci par Gustav Uhlig (1883).
Par la force des choses, la version arménienne de la TéchnÄ nâest pas, à proprement parler, une traduction du texte grec, mais plutôt une adaptation de ce dernier à la langue arménienneâ¯: lâobjectif que se fixe le traducteur est dâappliquer à sa propre langue, lâarménien, la méthode quâemploie Denys pour décrire la langue grecque. Mais il est évidemment confronté à la difficulté que constituent les différences entre les deux langues, ce qui lâamène à hésiter constamment entre deux manières de faireâ¯:
Tantôt il prend acte de ces différences, ainsi dans le chapitre consacré aux lettres de lâalphabet (ch. 6,
ΠεÏá½¶ ÏÏοιÏÎµá½·Î¿Ï Â«â¯De lâélémentâ¯Â», 42-43 L. =Õ Õ¡Õ²Õ¡Õ£Õ½ Õ¿Õ¡Õ¼Õ« YaÅags taá¹i, DTArm 4)â¯:
ÎÏάμμαÏá½± á¼ÏÏιν εἰκοÏιÏá½³ÏÏαÏα á¼Ïὸ Ïοῦ α μέÏÏι Ïοῦ Ï .Il y a vingt-quatre lettres, de alpha jusquâà omega.
Ô³Õ«Ö Õ§ Õ¥ÖÕ¥Õ½Õ¸ÖÕ¶ Õ¥Ö Õ¾Õ¥Ö ÕµÕ¡ÕµÕ¢Õ§ ÖÖÕ§Ö Gir Ä eresun ew vecʽ y-aybÄ cʽ-kʽÄ
Il y a trente-six lettres, de ayb à kʽÄ.
Tantôt, à lâinverse, il entreprend de conformer sa langue au modèle grec, ce qui lâamène à créer des formes arméniennes artificielles dans les cas où les catégories grammaticales du grec sont inconnues de lâarménien (genre grammatical, nombre duel pour les noms et les verbes, distinction du subjonctif et de lâoptatif, etc.). Cette manière de faire est particulièrement développée dans les tableaux donnés en supplément à la grammaire proprement dite4. Ainsi le traducteur attribue-t-il au verbe
Õ¯Õ¸ÖÕ¥Õ´ kopʽem «â¯frapperâ¯Â», quâil donne comme modèle de conjugaison en regard du grecÏá½»ÏÏÏ , des formes de duelÕ¯Õ¸ÖÕ¸Õ´ kopʽom,Õ¯Õ¸ÖÕ¸Õ½ kopʽos,Õ¯Õ¸ÖÕ¸Õµ kopʽoy pour les trois personnes en regard du singulierÕ¯Õ¸ÖÕ¥Õ´ kopʽem,Õ¯Õ¸ÖÕ¥Õ½ kopʽes,Õ¯Õ¸ÖÕ§ kopÊ½Ä Ã lâindicatif présent (DTArm 45)â¯; câest sans doute une pure invention de sa part, mais cela lui permet de conférer à lâarménien une sorte de perfection â une forme pour une fonction â dont la langue grecque est dénuée, puisquâelle nâa pas de forme de duel pour la première personne et que la formeÏá½»ÏÏεÏον est commune à la deuxième et à la troisième personne.
2 Procédés de traduction
Les procédés de traduction mis en Åuvre dans la version arménienne de la TéchnÄ se caractérisent par deux traits principaux.
2.1 La Yunaban dprocʽ «â¯lâécole hellénistiqueâ¯Â»
Lâouvrage est connu pour appartenir au courant intellectuel que lâon appelle traditionnellement Yunaban dprocʽ «â¯lâécole hellénistiqueâ¯Â» (ou «â¯hellénophileâ¯Â», ou «â¯hellénisanteâ¯Â», peu importe lâéquivalent dont on use en français). Je nâai pas lâambition de donner ici une vue dâensemble de cette «â¯Ã©coleâ¯Â», qui en réalité nâa guère dâunité. Il semble bien, en outre, que lâinfluence de lâhellénisme sur la langue arménienne soit antérieure à cette «â¯Ã©cole hellénisanteâ¯Â», au point que lâon puisse parler dâune «â¯Ã©cole pré-hellénisanteâ¯Â» qui englobe même les plus anciennes traductions du grec, comme celle du Nouveau Testament. Telle est, en tout cas, la conclusion à laquelle aboutissent nombre de travaux récents, et dont le bien-fondé demanderait une discussion détaillée qui nâa pas sa place ici5. Disons seulement que les textes de lâ«â¯Ã©cole hellénistiqueâ¯Â» se caractérisent, pour lâessentiel, par une manière de traduire le grec en arménien qui relève plus du calque systématique que de la transposition, en sorte que le résultat est une langue largement artificielle, bien loin, au départ, de la langue réelle, mais qui parfois sây est intégréeâ¯: aujourdâhui encore, une large part du vocabulaire savant de la langue arménienne trouve là son origine.
Le cas le plus net à cet égard, et le plus connu, est celui des prépositions et des préverbes, dont la richesse est considérable dans la langue grecque et qui servent aussi, comme préfixes, à former les innombrables composés nominaux que le grec a forgés au fur et à mesure que se développaient les vocabulaires techniques. En regard de cette masse imposante, lâarménien classique est bien pauvreâ¯: il nâa que six prépositions (
Les spécialistes de la philologie arménienne savent bien ce qui fait lâoriginalité de la langue hellénophile. Cette originalité est si manifeste quâelle permet de repérer aisément toute Åuvre de lâécole hellénophile et elle apparaît non seulement sur le plan de la grammaire, en particulier dans la syntaxe, mais aussi sur celui du lexique, adapté à la morphologie grecque. Le lexique arménien se distingue du lexique grec principalement par lâabsence de mots composés au moyen de prépositions-préfixes. Dans leur zèle à rapprocher les deux langues, les représentants de lâécole hellénophile sâefforcèrent de suppléer cette lacune en recherchant, pour chaque préposition grecque, un équivalent arménien. à cette occasion, ils ne se contentèrent pas de faire appel aux prépositions disponibles mais en créèrent de nouvelles en adaptant des matériaux locaux plus ou moins connus.
Et lâauteur de dresser une liste de ces équivalentsâ¯:
Îá¼°Ïá½¶ δὲ αἱ Ïá¾¶Ïαι ÏÏοθέÏÎµÎ¹Ï á½ÎºÏá½¼ καὶ δέκα .
Les prépositions sont en tout dix-huit.
ÔµÖ Õ¥Õ¶ Õ¡Õ´Õ¥Õ¶Õ¡ÕµÕ¶Õ¶ (sc.Õ¶Õ¡ÕÕ¡Õ¤ÖÕ¸ÖÕ©Õ«ÖÕ¶Ö )ÕµÕ«Õ½Õ¸ÖÕ¶Ö
Ew en amenayn-n (naxadrutʽiwnkʽ) yisun.
Et â¨â¯les prépositionsâ¯â© (naxadrutʽiwnkʽ) sont en tout (amenayn-n) cinquante (yisun).
Après avoir fourni la liste de ces cinquante unités, lâauteur de la version arménienne ajoute une indication qui ne correspond à rien dans lâoriginal grec mais qui lui est propre, à savoir que lâarménien a des «â¯postpositionsâ¯Â»,
2.2 La pÄspisutʽiwn «â¯variétéâ¯Â»
Lâun des traits caractéristiques de la littérature arménienne ancienne est la fameuse
á½ á¼ÏÏν δύο ÏιÏá¿¶Î½Î±Ï Î¼ÎµÏαδόÏÏ Ïá¿· μὴ á¼ÏονÏι ,καὶ á½ á¼ÏÏν βÏώμαÏα á½Î¼Î¿á½·ÏÏ ÏοιείÏÏ .
ÕÕµÖ Õ«ÖÕ¥Õ¶ Õ¥ÖÕ¯Õ¸Ö Õ°Õ¡Õ¶Õ¤Õ¥ÖÕ±ÖÕ Õ¿Õ¡ÖÕ§ Õ¦Õ´Õ«Õ¶ Õ¡ÕµÕ¶Õ´ Õ¸ÕµÖ Õ¸Õ¹Õ¶ Õ£Õ¸ÖÖÕ§ .Õ¥Ö Õ¸ÕµÖ Õ¯Õ¡ÕµÖÕ§ Õ¯Õ¥ÖÕ¡Õ¯Õ¸ÖÖÕ Õ¶Õ¸ÕµÕ¶ÕºÕ§Õ½ Õ¡ÖÕ¡Õ½ÖÕ§Ö
Oyr icʽen erku handerjkʽ tacÊ½Ä z-mi-n aynm oyr oÄʽ-n gucʽÄ. ew oyr kaycÊ½Ä kerakur noynpÄs arascʽÄ.
Celui qui a deux vêtements, quâil en donne un à celui qui nâen a pasâ¯; et celui qui a de la nourriture, quâil fasse de même.
En regard du participe (avec article) du verbe «â¯avoirâ¯Â» que présente le grec à trois reprises, lâarménien exprime ici, comme à son ordinaire, la possession par le verbe «â¯Ãªtreâ¯Â» accompagné du génitif du possesseur, en lâoccurrence le pronom oyr «â¯celui de quiâ¯Â», génitif de lâinterrogatif en fonction de relatif dans une proposition relative à valeur indéfinie, éventuelle ou générale. On voit que le traducteur sâest ingénié à varier lâexpression de la copule, en utilisant dâabord le verbe «â¯Ãªtreâ¯Â» proprement dit (icʽen, subjonctif présent à valeur de généralité ou dâéventualité), puis un substitut plus étoffé de ce dernierâ¯: dâabord
Le traducteur de la TéchnÄ sâest appliqué à suivre ce type de modèle et à cultiver la pÄspisutʽiwn. Câest ainsi, par exemple, que pour rendre le mot grec
3 Transpositions culturelles de la Grèce à lâArménie
Dans la présente étude, je mâintéresserai à un aspect particulier des divergences entre lâoriginal grec de la TéchnÄ et la version arménienne. LâÅuvre de Denys comporte, on le sait, nombre de références à lâhistoire, à la mythologie et à la littérature grecques. Le plus souvent, le traducteur arménien les transpose dans son monde à lui. Dans sa remarquable édition, Adontz signale un certain nombre de ces transpositions, quâil sâagisse des différences textuelles entre lâarménien et le grec («â¯armenius discrepansâ¯Â») ou des exemples pris par le grammairien («â¯exempla substitutaâ¯Â»). Je nâai pas lâambition dâen dresser ici un relevé completâ¯; je me limiterai aux exemples les plus significatifs, dont les plus nombreux se trouvent dans le chapitre de la TéchnÄ consacré au nom (ch. 12,
3.1 Le nomâ¯:â¯de Socrate à Paul
Cela commence dès la première phrase de ce chapitre (48-49 L. = DTArm 12-13)â¯:
á½Î½Î¿Î¼á½± á¼ÏÏι μέÏÎ¿Ï Î»á½¹Î³Î¿Ï [â¦]ÎºÎ¿Î¹Î½á¿¶Ï Ïε καὶ ἰδίÏÏ Î»ÎµÎ³á½¹Î¼ÎµÎ½Î¿Î½ ,ÎºÎ¿Î¹Î½á¿¶Ï Î¼á½²Î½ οἷον á¼Î½Î¸ÏÏÏÎ¿Ï á¼µÏÏÎ¿Ï ,ἰδίÏÏ Î´á½² οἷον ΣÏκÏá½±ÏÎ·Ï .
Le nom est une partie du discours [â¦] qui sâemploie avec (valeur) commune ou particulièreâ¯: commune, par exemple âhommeâ, âchevalââ¯; particulière, par exemple âSocrateâ.
Ô±Õ¶Õ¸ÖÕ¶ Õ§ Õ´Õ¡Õ½Õ¶ Õ¢Õ¡Õ¶Õ« [â¦]Õ°Õ¡Õ½Õ¡ÖÕ¡Õ¯Õ¡Õ¢Õ¡Ö Õ¥Ö ÕµÕ¡Õ¿Õ¯Õ¡ÕºÕ§Õ½ .ÕÕ¡Õ½Õ¡ÖÕ¡Õ¯Õ¡Õ¢Õ¡Ö Õ¸ÖÕ£Õ¸ÖÕ¶Õ¡Õ¯ Õ´Õ¡ÖÕ¤ ,Õ¥Ö ÕµÕ¡Õ¿Õ¯Õ¡ÕºÕ§Õ½ Õ¸ÖÕ£Õ¸Õ¶ ÕÕ¡ÖÕ²Õ¸Õ½Ö
Anun Ä masn bani [â¦] hasarakabar ew yatkapÄs. Hasarakabar orgunak mard, ew yatkapÄs orgon PawÅos.
Le nom est une partie du discours [â¦] avec (valeur) commune ou particulièreâ¯: commune, par exemple âhommeâ (mard)â¯; particulière, par exemple âPaulâ (PawÅos).
La version arménienne sâécarte ici de lâoriginal grec sur deux points («â¯armenius discrepansâ¯Â», Adontz). Lâun, purement textuel, est que lâarménien ne traduit ni
Ce développement sur le nom propre est repris un peu plus bas (52-53 L. = DTArm 18). Le texte grec présente ici deux noms propres, à savoir
3.2 Le patronymeâ¯:â¯dâAchille à la famille des Mamikonean
Après cette définition générale du nom, lâauteur de la TéchnÄ en vient aux différentes espèces de noms (48-49 L. = DTArm 13)â¯:
ΠαÏÏÏÎ½Ï Î¼Î¹Îºá½¸Î½ μὲν οá½Î½ á¼ÏÏι Ïὸ ÎºÏ Ïá½·ÏÏ á¼Ïὸ ÏαÏÏá½¸Ï á¼ÏÏημαÏιÏμένον ,καÏαÏÏηÏÏÎ¹Îºá¿¶Ï Î´á½² καὶ Ïὸ á¼Ïὸ ÏÏογόνÏν ,οἷον Î Î·Î»Îµá½·Î´Î·Ï ,Îá¼°Î±Îºá½·Î´Î·Ï á½ á¼ÏÎ¹Î»Î»Îµá½»Ï .
Le patronymique est, au sens propre, le â¨â¯dérivéâ¯â© formé sur le â¨â¯nom duâ¯â© père, et aussi, par catachrèse, sur celui des ancêtres, par exemple, âPéléideâ et âÃacideâ pour Achille.
ÕÕ¡ÕµÖÕ¡Õ¶Õ¸ÖÕ¶Õ¡Õ¯Õ¡Õ¶ Õ§ Õ¸Ö Õ« Õ°Õ¡ÖÖÕ§ Õ«Õ½Õ¯ Õ±Õ¥ÖÕ¡ÖÕ¥Õ¡Õ¬ Õ§ .Õ«Õ½Õ¯ ÕºÕ«Õ¿Õ¡Õ¯Õ¡ÕºÕ§Õ½ Õ¸Ö Õ« Õ¶Õ¡ÕÕ¶Õ¥Õ¡ÖÕ¶ ,Õ°Õ«Õ¢Õ¡Ö ÕÕ¡Õ´Õ¡Õ¦Õ¡Õ½ÕºÕ¥Õ¡Õ¶ ÕÕ¡Õ¶Õ¸ÖÕ§Õ²Ö
Hayranunakan Ä or i hawrÄ isk jewacʽeal Ä. isk pitakapÄs or i naxneacʽ-n, hibar Hamazaspean ManueÅ.
Le patronymique (hayranunakan) est, au sens propre (isk), le â¨â¯dérivéâ¯â© formé sur le â¨â¯nom duâ¯â© père (i hawrÄ), et aussi, par catachrèse (pitakapÄs), sur celui des ancêtres (i naxneacʽ-n), par exemple (hibar) âManuel, fils (ou âdescendantâ) de Hamazaspâ (Hamazaspean ManuÄÅ).
Il y a ici, du point de vue de la morphologie dérivationnelle, concordance entre le grec et lâarménienâ¯: le suffixe -
3.3 Le possessifâ¯:â¯des chevaux de Nélée au coursier de David, du manteau dâHector au manteau royal
La deuxième espèce de dérivé est le possessif (50-51 L. = DTArm 14)â¯:
ÎÏηÏικὸν δέ á¼ÏÏι Ïὸ á½Ïὸ Ïὴν κÏá¿Ïιν ÏεÏÏÏÎºá½¹Ï ,á¼Î¼ÏεÏÎ¹ÎµÎ¹Î»Î·Î¼Î¼á½³Î½Î¿Ï Ïοῦ κÏá½µÏοÏÎ¿Ï ,οἷον ÎηλήÏοι á¼µÏÏοι ,á¼ÎºÏá½¹ÏÎµÎ¿Ï ÏιÏών ,ΠλαÏÏνικὸν βιβλίον .
Le possessif est le â¨â¯dérivéâ¯â© qui relève de la possession, le possesseur étant inclus, par exemple âles chevaux de Néléeâ, âle manteau dâHectorâ, âun livre de Platonâ.
Ô»Õ½Õ¯ Õ½Õ¿Õ¡ÖÕ¡Õ¯Õ¡Õ¶ Õ§ Õ¸Ö Õ¨Õ¶Õ¤ Õ½Õ¿Õ¡ÖÕ«ÖÖÕ¶ Õ½Õ¿Õ¸ÖÕ¡Õ¶Õ¯Õ¥Õ¡Õ¬ Õ§ ,Õ¶Õ¥ÖÕ¢Õ¡Õ¯Õ¡Õ¼Õ¥Õ¡Õ¬ Õ« Õ½Õ¿Õ¡ÖÕ¸Õ²Õ§Õ¶ .Õ¸ÖÕ£Õ¸Õ¶ Ô´Õ¡ÖÕ©Õ¥Õ¡Õ¶ Õ¥ÖÕ«ÖÕ¡ÖÕ¶ ,Õ¡ÖÖÕ¸ÖÕ¶Õ« ÕºÕ¡Õ¿Õ´Õ¸ÖÕ³Õ¡Õ¶Õ¶ ,ÕÕ¡ÖÕ²Õ¸Õ½Õ¡Õ¯Õ¡Õ¶ Õ£Õ«ÖÕ¶Ö
Isk stacʽakan Ä or Énd stacʽiwkʽn storankeal Ä, nerbakaá¹eal i stacʽoÅÄ-n. orgon Dawtʽean eriwar-n, arkʽuni patmuÄan-n, PawÅosakan gir-n.
Le possessif (stacʽakan) est le â¨â¯dérivéâ¯â© qui relève de la possession, le possesseur étant inclusâ¯: par exemple âle coursier de Davidâ (Dawtʽean eriwar-n), âle manteau royalâ (arkʽuni patmuÄan-n), âle livre de Paulâ (PawÅosakan gir-n).
Les deux premières expressions que présente le texte grec sont des citations approximatives des syntagmes de lâIliade
á¼Î½Î¸ÏÏÏον á½Î½ ὠβαÏÎ¹Î»Îµá½ºÏ Î¸á½³Î»ÎµÎ¹ δοξάÏαι , (8)á¼Î½ÎµÎ³Îºá½±ÏÏÏαν οἱ Ïαá¿Î´ÎµÏ Ïοῦ βαÏιλέÏÏ ÏÏολὴν Î²Ï ÏÏίνην ,ἣν ὠβαÏÎ¹Î»Îµá½ºÏ ÏεÏιβάλλεÏαι ,καὶ á¼µÏÏον ,á¼Ï âá½Î½ ὠβαÏÎ¹Î»Îµá½ºÏ á¼Ïιβαίνει , (9)καὶ δόÏÏ á¼Î½á½¶ Ïῶν ÏίλÏν Ïοῦ βαÏιλέÏÏ Ïὼν á¼Î½Î´á½¹Î¾Ïν καὶ ÏÏολιÏá½±ÏÏ Ïὸν á¼Î½Î¸ÏÏÏον ,á½Î½ ὠβαÏÎ¹Î»Îµá½ºÏ á¼Î³Î±Ïá¾· ,καὶ á¼Î½Î±Î²Î¹Î²Î±Ïá½±ÏÏ Î±á½Ïὸν á¼Ïá½¶ Ïὸν á¼µÏÏον .
â¨â¯Voici comment il faut traiterâ¯â© lâhomme que le roi désire honorer. Les serviteurs du roi apporteront un manteau de lin dont le roi se revêt et un cheval que le roi monte. On les donnera à lâun des amis du roi choisi parmi les notablesâ¯; celui-ci revêtira du manteau lâhomme que le roi aime, et il lui fera monter le cheval.
Ô¶Õ¡ÕµÖÕ¶ Õ¦Õ¸Ö Õ¡ÖÖÕ¡Õµ Õ¯Õ¡Õ´Õ« ÖÕ¡Õ¼Õ¡ÖÕ¸ÖÕ¥Õ¬ ,Õ¢Õ¥ÖÖÕ¥Õ¶ Õ¦ÕºÕ¡Õ¿Õ´Õ¸ÖÕ³Õ¡Õ¶Õ¶ Õ¦Õ¡ÖÖÕ¸ÖÕ¶Õ« ,Õ¥Ö Õ¦Õ¥ÖÕ«Õ¾Õ¡ÖÕ¶ ÕµÕ¸ÖÕ¸ÖÕ´ Õ¡ÖÖÕ¡Õµ Õ°Õ¥Õ®Õ¡Õ¶Õ§Ö ,ÔµÖ Õ¿Õ¡ÖÕ¥Õ¶ Õ¡Õ¼Õ¶Õ¶ Õ¡ÕµÕ¶Õ´Õ«Õ¯ Õ½Õ«ÖÕ¥Õ¬ÖÕ¸ÕµÕ¶ Õ¡ÖÖÕ¡ÕµÕ« Õ« ÖÕ¡Õ¼Õ¡ÖÕ¸ÖÕ¡Ö Õ¡Õ¶Õ¿Õ« .ÔµÖ Õ¦Õ£Õ¥ÖÕ¸ÖÕ½ÖÕ¥Õ¶ Õ¦ÕºÕ¡Õ¿Õ´Õ¸ÖÕ³Õ¡Õ¶Õ¶ Õ¡Õ¼Õ¶Õ¶ Õ¡ÕµÕ¶Õ´Õ«Õ¯ Õ¦Õ¸Ö Õ¡ÖÖÕ¡ÕµÕ¶ Õ½Õ«ÖÕ§ ,Õ¥Ö Õ°Õ¥Õ®Õ¸ÖÕ½ÖÕ¥Õ¶ Õ¦Õ¶Õ¡ ÕµÕ¥ÖÕ«Õ¾Õ¡ÖÕ¶ Õ¡ÖÖÕ¸ÖÕ¶Õ«Ö
Z-ayr-n z-or arkʽay kami pʽaá¹aworel, bercʽen z-patmuÄan-n z-arkʽuni, ew z-erivar-n y-orum arkʽay hecanÄr, Ew tacʽen aá¹n-n aynmik sirelwoy-n arkʽayi i pʽaá¹aworacʽ anti. Ew zgecʽuscʽen z-patmuÄan-n aá¹n-n aynmik zor arkʽay-n sirÄ, ew hecuscʽen z-na yerivar-n arkʽuni.
â¨â¯Voici comment il faut traiterâ¯â© lâhomme que le roi veut honorer (pʽaá¹aworel). On apportera le manteau royal (z-patmuÄan-n z-arkʽuni) et le coursier que le roi montait (z-erivar-n y-orum arkʽay hecanÄr), et on les donnera à cet homme aimé du roi parmi les notables. On revêtira du manteau (zgecʽuscʽen z-patmuÄan-n) cet homme que le roi aime, et on lui fera monter le coursier royal (hecuscʽen z-na y-erivar-n arkʽuni).
On a ici tout le cérémonial de la cour de lâEmpire achéménide, qui a été un modèle pour les rois arsacides qui ont régné sur lâArménie. Ici encore, le lien avec la littérature historiographique arménienne, et notamment avec le Buzandaran, est manifeste. Dans la version grecque du Livre dâEsther, le roi de Perse sâappelle
Le «â¯coursier de Davidâ¯Â» évoqué dans la version arménienne de la TéchnÄ nâapparaît pas comme tel dans la Bible grecque et arménienne, mais voici ce quâon peut lire dans le récit, au Deuxième Livre des Règnes, de la révolte dâAbsalom contre son père David (15â¯:â¯1)â¯:
Îαὶ á¼Î³á½³Î½ÎµÏο μεÏá½° ÏαῦÏα καὶ á¼ÏοίηÏεν á¼Î±Ï Ïá¿· ÎβεÏÏαλÏμ á¼ ÏμαÏα καὶ á¼µÏÏÎ¿Ï Ï ÎºÎ±á½¶ ÏενÏήκονÏα á¼Î½Î´ÏÎ±Ï ÏαÏαÏÏá½³Ïειν á¼Î¼ÏÏοÏθεν αá½Ïοῦ .
ÔµÖ Õ¥Õ²Õ¥Ö ÕµÕ¥Õ¿ Õ¡ÕµÕ¶Õ¸ÖÕ«Õ¯ Õ¥Ö Õ¡ÖÕ¡Ö Ô±Õ¢Õ«Õ½Õ¸Õ²Õ¸Õ´ Õ¯Õ¡Õ¼Õ½ Õ¥Ö Õ¥ÖÕ«Õ¾Õ¡ÖÕ½ ,Õ¥Ö ÕµÕ«Õ½Õ¸ÖÕ¶ Õ¡ÕµÖ Õ½Õ¸ÖÖÕ°Õ¡Õ¶Õ¤Õ¡Õ¯ Õ¡Õ¼Õ¡Õ»Õ« Õ«ÖÖÖ
Ew eÅew yet aynorik ew arar AbisoÅom kaá¹s ew erivars, ew yisun ayr surhandak aá¹aǰi iwr.
Et voici ce qui arriva ensuite. Absalom se procura des chars et des coursiers (kaá¹s ew erivars), et cinquante hommes (yisun ayr) comme estafettes (surhandak) devant lui.
Et il faut évoquer aussi, bien entendu, les célèbres écuries du roi Salomon, lâautre fils de David (3 R 10â¯:â¯26)â¯:
Îαὶ ÏÏ Î½á½³Î»ÎµÎ¾ÎµÎ½ ΣαλÏμÏν á¼ ÏμαÏα καὶ á¼±ÏÏεá¿Ï (v.l.á¼µÏÏÎ¿Ï Ï ).καὶ ἦÏαν Ïá¿· ΣαλÏμÏν Ïá½³ÏÏαÏÎµÏ ÏÎ¹Î»Î¹á½±Î´ÎµÏ Î¸á½µÎ»ÎµÎ¹Î±Î¹ á¼µÏÏοι Îµá¼°Ï á¼ ÏμαÏα καὶ δώδεκα ÏÎ¹Î»Î¹á½±Î´ÎµÏ á¼µÏÏÏν (v.l.á¼±ÏÏá½³Ïν ).
ÔµÖ ÕªÕ¸Õ²Õ¸Õ¾Õ¥Õ¡Ö ÕÕ¸Õ²Õ¸Õ´Õ¸Õ¶ Õ¯Õ¡Õ¼Õ½ Õ¥Ö Õ°Õ¥Õ®Õ¥Õ¡Õ¬Õ½ .ÔµÖ Õ§Õ«Õ¶ ÕÕ¸Õ²Õ¸Õ´Õ¸Õ¶Õ« ÖÕ¡Õ¼Õ¡Õ½Õ¸ÖÕ¶ Õ°Õ¡Õ¦Õ¡Ö Õ±Õ«Ö Õ´Õ¡Õ¿Õ¡Õ¯Ö Õ¯Õ¡Õ¼Õ¡Ö ,Õ¥Ö Õ¥ÖÕ¯Õ¸Õ¿Õ¡Õ½Õ¡Õ¶ Õ°Õ¡Õ¦Õ¡Ö Õ¥ÖÕ«Õ¾Õ¡ÖÕ¡ÖÖ
Ew žoÅoveacʽ SoÅomon kaá¹s ew heceals. Ew Äin SoÅomoni kʽaá¹asun hazar jikʽ matakkʽ kaá¹acʽ, ew erkotasan hazar erivaracʽ.
Et Salomon rassembla des chars et des cavaliers (kaá¹s ew heceals). Et Salomon avait quarante mille juments (kʽaá¹asun hazar jikʽ matakkʽ) pour ses chars (kaá¹acʽ), et douze mille coursiers (erkotasan hazar erivaracʽ).
Quant au «â¯livre de Platonâ¯Â» qui en arménien devient le «â¯livre de Paulâ¯Â», on est évidemment là en continuité avec le passage, cité plus haut, où Socrate était remplacé par Paul. Les écrits de Platon, le plus célèbre des prosateurs grecs, mettent en scène Socrate, et Paul est lâécrivain le plus connu du Nouveau Testamentâ¯; il peut même se mesurer avec Platon pour ce qui est de la profondeur de la réflexion (que lâon pense notamment à la Lettre aux Romains).
3.4 Le comparatifâ¯:â¯dâAchille, Ajax et les Troyens à David, Saül et les Philistins
La troisième espèce de dérivé est le comparatif (50-51 L. = DTArm 14-15)â¯:
Î£Ï Î³ÎºÏιÏικὸν δέ á¼ÏÏι Ïὸ Ïὴν ÏύγκÏιÏιν á¼Ïον á¼Î½á½¸Ï ÏÏá½¸Ï á¼Î½Î± á½Î¼Î¿Î¹Î¿Î³ÎµÎ½á¿ ,á½¡Ï á¼ÏÎ¹Î»Î»Îµá½ºÏ á¼Î½Î´ÏειόÏεÏÎ¿Ï ÎἴανÏÎ¿Ï ,á¼¢ á¼Î½á½¸Ï ÏÏá½¸Ï ÏÎ¿Î»Î»Î¿á½ºÏ á¼ÏεÏογενεá¿Ï ,á½¡Ï á¼ÏÎ¹Î»Î»Îµá½ºÏ á¼Î½Î´ÏειόÏεÏÎ¿Ï Ïῶν ΤÏá½½Ïν .
Le comparatif est le â¨â¯dérivéâ¯â© qui met en comparaison un seul â¨â¯individuâ¯â© avec un seul congénère, comme âAchille est plus courageux quâAjaxâ, ou avec plusieurs étrangers, comme âAchille est plus courageux que les Troyensâ.
Ô²Õ¡Õ²Õ¤Õ¡Õ¿Õ¡Õ¯Õ¡Õ¶ Õ§ Õ¸Ö Õ°Õ¡Õ½Õ¡ÖÕ¡Õ¯Õ¸ÖÕ©Õ«ÖÕ¶ Õ¸ÖÕ¶Õ« Õ¥Õ¦ Õ¡Õ¼ Õ´Õ¸Ö Õ¶Õ´Õ¡Õ¶Õ¡Õ½Õ¥Ö ,Õ¸ÖÕ£Õ¸Õ¶ Ô´Õ¡ÖÕ«Õ© Õ¡ÖÕ¸ÖÕ¸ÖÕ¡Õ£Õ¸ÕµÕ¶ ÖÕ¡Õ¶ Õ¦ÕÕ¡ÖÕ¸ÖÕ² .Õ¯Õ¡Õ´ Õ´Õ«Õ¸Õµ Õ¡Õ¼ Õ¢Õ¡Õ¦Õ¸ÖÕ´Õ½ Õ¡ÕµÕ¬Õ¡Õ½Õ¥ÖÕ½ ,Õ¸ÖÕºÕ§Õ½ Ô´Õ¡ÖÕ«Õ© Õ¡ÖÕ¸ÖÕ¸ÖÕ¡Õ£Õ¸ÕµÕ¶ ÖÕ¡Õ¶ Õ¦Ô³Õ¥Õ©Õ¡ÖÕ«Õ½Õ¶Ö
BaÅdatakan Ä or hasarakutʽiwn uni ez aá¹ mu nmanaser, orgon Dawitʽ aruoragoyn kʽan z-SawuÅ. kam mioy aá¹ bazums aylasers, orpÄs Dawitʽ aruoragoyn kʽan z-Getʽacʽis-n.
Le comparatif (baÅdatakan) est le â¨â¯dérivéâ¯â© qui met en comparaison (hasarakutʽiwn) un seul (ez) â¨â¯individuâ¯â© avec un seul (mu) congénère (nmanaser), comme âDavid est plus courageux que Saülâ (Dawitʽ aruoragoyn kʽan z-SawuÅ), ou un seul (mioy) avec plusieurs (bazums) étrangers (aylasers), comme âDavid est plus courageux que les habitants de Guethâ (z-Getʽacʽis-n)16.
Nous avons, ici encore, un bel exemple de transposition culturelleâ¯: la guerre dâIsraël contre les Philistins, telle quâelle est racontée dans la Bible au Premier Livre des Règnes, est comparée à celle des Achéens contre les Troyens, et la rivalité entre Saül et David est assimilée à celle dâAjax et dâAchille. Le passage de lâIliade auquel fait allusion Denys appartient au «â¯catalogue des vaisseauxâ¯Â» (2, 768-769)â¯:
á¼Î½Î´Ïῶν αὠμέγ âá¼ÏιÏÏÎ¿Ï á¼Î·Î½ Î¤ÎµÎ»Î±Î¼á½½Î½Î¹Î¿Ï Îá¼´Î±Ï ,á½ÏÏ âá¼ÏÎ¹Î»Îµá½ºÏ Î¼á½µÎ½Î¹ÎµÎ½Î á½ Î³á½°Ï Ïολὺ Ïá½³ÏÏαÏÎ¿Ï á¼¦ÎµÎ½ .
Parmi les guerriers (sc. achéens), le meilleur était de loin Ajax, fils de Télamon, tant que durait le courroux dâAchilleâ¯; car ce dernier était bien supérieur à tous les autres17.
Et le passage biblique auquel fait allusion la version arménienne est le récit de la lutte de David contre Goliath. Elle commence par un défi que lance Goliath aux hommes dâIsraël et à leur roi Saül (1 R 17â¯:â¯4)â¯:
καὶ á¼Î¾á¿Î»Î¸ÎµÎ½ á¼Î½á½´Ï Î´Ï Î½Î±Ïá½¸Ï á¼Îº Ïá¿Ï ÏαÏαÏάξεÏÏ Ïῶν á¼Î»Î»Î¿ÏύλÏν ,Îολιαθ á½Î½Î¿Î¼Î± αá½Ïá¿· á¼Îº Îεθ .
ÔµÖ Õ¥Õ¬ Õ¡ÕµÖ Õ¦Õ¡ÖÖÕ¡ÖÕ¸Ö Õ« Õ³Õ¡Õ¯Õ¡Õ¿Õ§ Õ¡ÕµÕ¬Õ¡Õ¦Õ£Õ¥Õ¡ÖÕ¶ ,Ô³Õ¸Õ²Õ«Õ¡Õ¤ Õ¡Õ¶Õ¸ÖÕ¶ Õ¶Õ¸ÖÕ¡ Õ« Ô³Õ¥Õ©Õ¡Õµ .
Ew el ayr zawrawor i ÄakatÄ aylazgeacʽ-n, GoÅiad anun nora i Getʽay.
Un homme vaillant (ayr zawrawor) sortit du front de bataille des Ãtrangers (i ÄakatÄ aylazgeacʽ-n). Il sâappelait Goliath et était de Gueth (i Getʽay)18.
Ce quâil y a de remarquable ici, câest la manière dont le traducteur de la TéchnÄ a su mettre à profit les références culturelles. Dans la Bible hébraïque, les ennemis dâIsraël sont les Philistins, ethnonyme qui dans la Bible grecque est rendu par
La suite du récit biblique va dans le même sens. Le jeune David relève le défi, et Saül lâaccable de ses sarcasmes en le jugeant incapable de se battre (1 R 17â¯:â¯33). Mais, à la surprise générale, David triomphe de Goliath, lâhomme de Gueth (17â¯:â¯50). Il est alors acclamé par les femmes dâIsraël, qui entonnent un chant à sa gloire (18â¯:â¯7)â¯:
á¼Ïá½±Ïαξεν Î£Î±Î¿Ï Î» á¼Î½ ÏιλιάÏιν αá½Ïοῦ καὶ ÎÎ±Ï Î¹Î´ á¼Î½ Î¼Ï ÏιάÏιν αá½Ïοῦ .
ÔµÕ°Õ¡Ö ÕÕ¡ÖÕ¸ÖÕ² Õ¦Õ°Õ¡Õ¦Õ¡ÖÕ½ ,Õ¥Ö Ô´Õ¡ÖÕ«Õ© Õ¦Õ¢Õ¥ÖÖÕ½Ö
Ehar SawuŠz-hazars, ew Dawitʽ z-bewrs.
Saül en a battu des milliers (ehar SawuŠz-hazars), et David des myriades (ew Dawitʽ z-bewrs).
Ce qui rend Saül jaloux de David (18:10â¯sqq.). Sans doute lâaurait-il été encore bien davantage sâil avait su que, quelques siècles plus tard, un lettré arménien tirerait parti de cette comparaison pour traduire un passage de grammaire grecque consacré au comparatif.
3.5 Le «â¯nom homonymeâ¯Â»â¯:â¯des deux Ajax aux deux Jean
Le même chapitre de la TéchnÄ sur le nom comporte, un peu plus bas (52-53 L. = DTArm 19), un développement consacré au «â¯nom homonymeâ¯Â» (gr.
(a) Lc 3â¯:â¯2
á¼Î³á½³Î½ÎµÏο á¿¥á¿Î¼Î± θεοῦ á¼Ïá½¶ ἸÏάννην Ïὸν ÎαÏαÏá½·Î¿Ï Ï á¼±á½¸Î½ á¼Î½ Ïá¿ á¼Ïήμῳ
Õ¥Õ²Õ¥Ö Õ¢Õ¡Õ¶ Ô±Õ½Õ¿Õ¸ÖÕ®Õ¸Õµ Õ« Õ¾Õ¥ÖÕ¡Õµ Õ Õ¸Õ¾Õ°Õ¡Õ¶Õ¶Õ¸Ö Õ¸ÖÕ¤ÖÕ¸Õµ Ô¶Õ¡ÖÕ¡ÖÕ«Õ¡Õµ ÕµÕ¡Õ¶Õ¡ÕºÕ¡Õ¿Õ« Õ¡Õ¶Õ¤
eÅew ban Astucoy i veray Yovhannu ordwoy Zakʽariay y-anapati and
La parole de Dieu fut adressée à [litt. «â¯fut surâ¯Â»] Jean fils de Zacharie (i veray Yovhannu ordwoy Zakʽariay) au désert (y-anapati and).
(b) Lc 5â¯:â¯10
ἸάκÏβον καὶ ἸÏάννην Ï á¼±Î¿á½ºÏ ÎεβεδαίοÏ
Õ¦Õ Õ¡Õ¯Õ¸Õ¾Õ¢Õ¸Õ½ Õ¥Ö Õ¦Õ Õ¸Õ¾Õ°Õ¡Õ¶Õ¶Õ§Õ½ Õ¦Õ¸ÖÕ¤Õ«Õ½Õ¶ Ô¶Õ¥Õ¢Õ¥Õ¤Õ¥Õ¡Õµ
z-Yakovbos ew z-YovhannÄs z-ordis-n Zebedeay
Jacques et Jean, les fils de Zébédée.
Le syntagme «â¯fils deâ¯Â» (ordi + génitif du nom du père) que comporte le texte biblique est remplacé, dans la version arménienne de la TéchnÄ, par le suffixe de patronyme -ean, ce qui correspond à un usage régulier dans la langue classique, à preuve, dans lâÃvangile,
3.6 Le double nomâ¯:â¯dâAlexandre (Pâris) à EÅiazar (Awaran)
Après lâhomonyme vient le synonyme (
ÎÎ¹á½½Î½Ï Î¼Î¿Î½ δέ á¼ÏÏιν á½Î½á½¹Î¼Î±Ïα δύο καθ âá¼Î½á½¸Ï ÎºÏ Ïá½·Î¿Ï ÏεÏαγμένα ,οἷον á¼Î»á½³Î¾Î±Î½Î´ÏÎ¿Ï á½ ÎºÎ±á½¶ Î á½±ÏÎ¹Ï â¦
Le double nom, ce sont deux noms propres appliqués à une même personne [litt. «â¯deux noms appliqués à un seul nom propreâ¯Â»], par exemple Alexandre, celui qui â¨â¯est appeléâ¯â© aussi Pârisâ¦
ÔµÖÕ¯Õ¡Õ¶Õ¸ÖÕ¶ Õ§ Õ¡Õ¶Õ¸ÖÕ¡Õ¶Ö Õ¥ÖÕ¯Õ¸Ö Õ« Õ¾Õ¥ÖÕ¡Õµ Õ´Õ«Õ¸Õµ Õ«Õ½Õ¯Õ« Õ¤Õ¡Õ½Õ¥Õ¡Õ¬Ö ,Õ¸ÖÕ£Õ¸Õ¶ ÔµÕ²Õ«Õ¡Õ¦Õ¡Ö Õ¸Ö Õ¥Ö Ô±ÖÕ¡ÖÕ¡Õ¶ .
Erkanun Ä anuankʽ erku i veray mioy iski dasealkʽ, orgon EÅiazar or ew Awaran.
Le double nom (erkanun), ce sont deux noms propres appliqués à une même personne [litt. «â¯deux noms (anuankʽ erku) appliqués (dasealkʽ) à un seul nom propreâ¯Â» (i veray mioy iski)], par exemple EÅiazar, qui â¨â¯est appeléâ¯â© aussi Awaranâ¦21
Lâexemple que donne Denys est celui du personnage de lâIliade connu sous les deux noms de
ÎαÏÏÎ±Î¸Î¹Î±Ï Ï á¼±á½¸Ï ÎÏÎ±Î½Î½Î¿Ï Ïοῦ Î£Ï Î¼ÎµÏν ἱεÏÎµá½»Ï [â¦]. (2)καὶ αá½Ïá¿· Ï á¼±Î¿á½¶ ÏένÏε ,ÎÏÎ±Î½Î½Î·Ï á½ á¼ÏÎ¹ÎºÎ±Î»Î¿á½»Î¼ÎµÎ½Î¿Ï Îαδδι , (3)ΣιμÏν á½ ÎºÎ±Î»Î¿á½»Î¼ÎµÎ½Î¿Ï ÎαÏÏι , (4)ÎÎ¿Ï Î´Î±Ï á½ ÎºÎ±Î»Î¿á½»Î¼ÎµÎ½Î¿Ï Îακκαβαá¿Î¿Ï , (5)ÎÎ»ÎµÎ±Î¶Î±Ï á½ ÎºÎ±Î»Î¿á½»Î¼ÎµÎ½Î¿Ï ÎÏ Î±Ïαν ,ÎÏÎ½Î±Î¸Î·Ï á½ ÎºÎ±Î»Î¿á½»Î¼ÎµÎ½Î¿Ï ÎÏÏÎ¿Ï Ï .
ÕÕ¡Õ¿Õ¡Õ©Õ« ÕÕ´Õ¡ÖÕ¸Õ¶Õ¥Õ¡Õ¶Õ Õ¸ÖÕ¤Õ« Õ Õ¸Õ¾Õ°Õ¡Õ¶Õ¶Õ¸Ö ,ÖÕ¡Õ°Õ¡Õ¶Õ¡Õµ [â¦]. (2)ÔµÖ Õ¶Õ¸ÖÕ¡ Õ§Õ«Õ¶ Õ¸ÖÕ¤Õ«Ö Õ°Õ«Õ¶Õ£ .Õ Õ¸Õ¾Õ°Õ¡Õ¶Õ¶Õ§Õ½ ,Õ¸Ö Õ¡Õ¶Õ¸ÖÕ¡Õ¶Õ¥Õ¡Õ¬ Õ¯Õ¸Õ¹Õ« Ô¿Õ¡Õ¤Õ¤Õ«Õ· , (3)ÕÕ´Õ¡ÖÕ¸Õ¶ ,Õ¸Ö Õ¡Õ¶Õ¸ÖÕ¡Õ¶Õ¥Õ¡Õ¬ Ô¹Õ¡ÖÕ½Õ½Õ« , (4)Õ Õ¸ÖÕ¤Õ¡ ,Õ¸Ö Õ¡Õ¶Õ¸ÖÕ¡Õ¶Õ¥Õ¡Õ¬ Õ§ ÕÕ¡Õ¯Õ¡Õ¢Õ§ ,ÔµÕ²Õ«Õ¡Õ¦Õ¡Ö ,Õ¸Ö Õ¡Õ¶Õ¸ÖÕ¡Õ¶Õ¥Õ¡Õ¬ Õ§ Ô±ÖÕ¡ÖÕ¡Õ¶ ,Õ Õ¸Õ¾Õ¶Õ¡Õ©Õ¡Õ¶ ,Õ¸Ö Õ¯Õ¸Õ¹Õ¥ÖÕ¡Ö ÕÕ¡ÖÕ¸ÖÕ©Ö
Matatʽi Å mawonean ordi Yovhannu, kʽahanay [â¦] (2) Ew nora Äin ordikʽ hing. YovhannÄs, or anuaneal koÄʽi KaddiÅ¡, (3) Å mawon, or anuaneal Tʽarssi, (4) Yuda, or anuaneal Ä MakabÄ, EÅiazar, or anuaneal Ä Awaran, Yovnatʽan, or koÄʽecʽaw Sapʽutʽ.
Matatʽi, de la famille de Å mawon, fils de YovhannÄs, prêtre [â¦]. Et il avait cinq filsâ¯: YovhannÄs, surnommé (or anuaneal koÄʽi, litt. «â¯qui est appelé du nom deâ¯Â») KaddiÅ¡â¯; Å mawon, nommé Tʽarssiâ¯; Yuda, qui est nommé MakabÄâ¯; EÅiazar, qui est nommé Awaranâ¯; Yovnatʽan, qui fut appelé Sapʽutʽ23.
Le traducteur arménien de la TéchnÄ savait pertinemment que le double nom est un mode de désignation usuel dans les généalogies bibliques. Lâexemple nâa donc pas été choisi au hasard.
3.7 Le surnomâ¯:â¯de Poséidon, lâÃbranleur de la terre, à Jean, la voix qui crie dans le désert
Le surnom (
á¼Î½ δὲ Ïαá¿Ï ἡμέÏÎ±Î¹Ï á¼ÎºÎµá½·Î½Î±Î¹Ï ÏαÏαγίνεÏαι ἸÏá½±Î½Î½Î·Ï á½ Î²Î±ÏÏιÏÏá½´Ï ÎºÎ·Ïá½»ÏÏÏν á¼Î½ Ïá¿ á¼Ïήμῳ Ïá¿Ï á¼¸Î¿Ï Î´Î±á½·Î±Ï (2)καὶ λέγÏν .ÎεÏανοεá¿ÏεΠἤγγικεν Î³á½°Ï á¼¡ βαÏιλεία Ïῶν οá½Ïανῶν . (3)Îá½ÏÎ¿Ï Î³á½±Ï á¼ÏÏιν á½ á¿¥Î·Î¸Îµá½¶Ï Î´Î¹á½° ἨÏαá¿Î¿Ï Ïοῦ ÏÏοÏá½µÏÎ¿Ï Î»á½³Î³Î¿Î½ÏÎ¿Ï ,ΦÏνὴ βοῶνÏÎ¿Ï á¼Î½ Ïá¿ á¼ÏήμῳΠá¼ÏοιμάÏαÏε Ïὴν á½Î´á½¸Î½ ÎºÏ Ïá½·Î¿Ï ,εá½Î¸Îµá½·Î±Ï Ïοιεá¿Ïε Ïá½°Ï ÏÏá½·Î²Î¿Ï Ï Î±á½Ïοῦ .
Õ Õ¡ÖÕ¸ÖÖÕ½Õ¶ ÕµÕ¡ÕµÕ¶Õ¸Õ½Õ«Õ¯ Õ£Õ¡Õµ Õ Õ¸Õ¾Õ°Õ¡Õ¶Õ¶Õ§Õ½ Õ´Õ¯ÖÕ¿Õ«Õ¹ ÖÕ¡ÖÕ¸Õ¦Õ¥Õ¬ ÕµÕ¡Õ¶Õ¡ÕºÕ¡Õ¿Õ«Õ¶ ÕÖÕ§Õ¡Õ½Õ¿Õ¡Õ¶Õ« , (2)Õ¥Ö Õ¡Õ½Õ¥Õ¬ ,Ô±ÕºÕ¡Õ·ÕÕ¡ÖÕ¥ÖÕ§Ö ,Õ¦Õ« Õ´Õ¥ÖÕ±Õ¥Õ¡Õ¬ Õ§ Õ¡ÖÖÕ¡ÕµÕ¸ÖÕ©Õ«ÖÕ¶ Õ¥ÖÕ¯Õ¶Õ«Ö . (3)Ô¶Õ« Õ½Õ¡ Õ§ Õ¾Õ¡Õ½Õ¶ Õ¸ÖÕ¸Õµ Õ¡Õ½Õ¡ÖÕ¡Ö Õ« Õ±Õ¥Õ¼Õ¶ Ô·Õ½Õ¡ÕµÕ¡Õµ Õ´Õ¡ÖÕ£Õ¡ÖÕ§Õ« ,Õ¸Ö Õ¡Õ½Õ§ ,ÕÕ¡ÕµÕ¶ Õ¢Õ¡ÖÕ¢Õ¡Õ¼Õ¸Õµ ÕµÕ¡Õ¶Õ¡ÕºÕ¡Õ¿Õ« .ÕÕ¡Õ¿ÖÕ¡Õ½Õ¿ Õ¡ÖÕ¡ÖÕ§Ö Õ¦Õ³Õ¡Õ¶Õ¡ÕºÕ¡ÖÕ° ÕÕ¥Õ¡Õ¼Õ¶ ,Õ¥Ö Õ¸ÖÕ²Õ«Õ² Õ¡ÖÕ¡ÖÕ§Ö Õ¦Õ·Õ¡ÖÕ«Õ²Õ½ Õ¶Õ¸ÖÕ¡Ö
Y-awurs-n y-aynosik gay YovhannÄs mkrtiÄʽ kʽarozel y-anapati-n HrÄastani, (2) ew asel, ApaÅ¡xarecʽÄkʽ, zi merjeal Ä arkʽayutʽiwn erknicʽ. (3) Zi sa Ä vasn oroy asacʽaw i jeá¹n Äsayay margarÄi, or asÄ, Jayn barbaá¹oy y-anapati. Patrast ararÄkʽ z-Äanaparh Teaá¹n, ew uÅiÅ ararÄkʽ z-Å¡awiÅs nora.
En ces jours-là , Jean Baptiste vient proclamer dans le désert de Judée (2) et direâ¯: âConvertissez-vous, car le royaume des cieux est procheâ. (3) Car câest de lui quâa parlé le prophète Isaïe, qui ditâ¯: âVoix du cri dans le désert. Préparez le chemin du Seigneur, et rendez droits ses sentiers.â
Texte dont on trouve un écho dans lâÃvangile de Jean, où câest Jean Baptiste lui-même qui, questionné par les prêtres et les lévites sur son identité (
3.8 Signature du traducteur arménien, vardapet et expert en définitions
Le chapitre de la TéchnÄ consacré au verbe est bien moins riche en exemples que celui sur le nom, si bien que les discordances entre lâoriginal grec et la version arménienne y sont moins nombreuses. On peut relever cependant le cas des verbes «â¯dérivés de composésâ¯Â» (gr.
Le premier de ces deux verbes est bien attesté dans la littérature classique, et il est inutile de rappeler lâimportance du titre de vardapet «â¯maître, docteurâ¯Â» dans lâhistoire de la culture arménienne, aujourdâhui comme hier. Cette mention constitue donc, en quelque sorte, une «â¯signatureâ¯Â» du traducteur de la TéchnÄ, qui est lui-même un maître de grammaire et indique sa profession. Mieux encore, il sâinscrit ainsi dans la glorieuse tradition de Grégoire lâIlluminateur, lâévangélisateur de lâArménie, et de Mesrop-MaÅ¡tocʽ, lâinventeur de lâalphabet arménien et le fondateur de lâécole des Saints Traducteurs. Je pense, en effet, quâen donnant ce verbe comme exemple il fait implicitement référence à deux passages célèbres de la littérature classique.
(a) Dans lâHistoire dâArménie (Patmutʽiwn Hayocʽ) dâAgathange, lorsque le bienheureux Grégoire entreprend lâinstruction chrétienne du roi Trdat, de sa cour et de tout le peuple dâArménie, il sâadresse à son auditoire en ces termes (§â¯257)â¯:
(b) Dans son Histoire dâArménie (Patmutʽiwn Hayocʽ), MovsÄs Xorenacʽi expose les difficultés auxquelles est confronté Mesrop dans son apostolat (III, 47)â¯:
Quant au second verbe,
Je nâentrerai pas ici dans le détail des débats relatifs à la datation et à lâauthenticité de la TéchnÄ. On trouvera un bon état de la question dans lâintroduction de lâouvrage édité par V. Law et I. Sluiter (1995), ainsi que dans les contributions de R.H. Robins et de J. Lallot que contient le même volume. Il en ressort que dans lâétat actuel de nos connaissances le problème nâa pas reçu de solution. Voir aussi, dans le même sens, lâouvrage de Callipo 2011, 9-50.
Le meilleur spécialiste de la question dans les dernières décennies a été sans conteste le linguiste arménien Gevorg B. JÌahukyan (1920-2005), qui a consacré à cette littérature une série de travaux depuis les années â50 du XXe siècle. On en trouvera une bonne synthèse dans son ouvrage de 1978 (JÌahukyan 1978, 258-299).
Voir la référence donnée dans la bibliographie. Je laisse ici de côté les questions philologiques et historiques (date, lieu et paternité de la version arménienne et des commentaires arméniens, etc.), qui nâintéressent pas directement mon propos. Sur la version arménienne de la TéchnÄ, voir maintenant la contribution de Clackson 1995.
«â¯Supplementa artisâ¯Â» dans lâédition de Adontz 1970, 38-55.
On trouvera une bonne synthèse sur la question dans le chapitre introductif de lâouvrage de Gohar Muradyan (2012, p. 1-27). Voir aussi, dans le même sens, Tinti 2016 et Meyer 2018-2019, 69-73. Le livre de G. Muradyan fait référence aux travaux, anciens et récents, relatifs à lâ«â¯Ã©cole hellénistiqueâ¯Â», ce qui me dispensera de les citer ici.
Je me permets, sur ce point, de renvoyer à mon article des Mélanges en lâhonneur de Nina Garsoïan (Lamberterie 1996[97]), où jâai cherché à montrer que le préverbe que lâon pose traditionnellement sous la forme (
Meillet 1962, 113 (< Meillet 1910-1911, 122). Lâexemple cité dans la note précédente montre bien la justesse de cette doctrine.
Adontz 1970, CLXX-CLXXII (citation p. CLXX). â Voir maintenant lâample exposé de G. Muradyan (2012, 28-53).
Ce mot apparaissait déjà dans le chapitre 6 de la TéchnÄ pour désigner les voyelles «â¯postpositivesâ¯Â» (
En regard de
Sur lâarménien mesropien, voir en dernier lieu Adjarian 2018-2019 (avec présentation par Jean-Pierre Mahé).
Sur ce texte, voir Lamberterie 2006, 216-218, avec citation dâautres exemples comparables dans lâÃvangile.
Dâautres exemples du même procédé chez Eznik et dans la traduction de la Bible sont relevés par Adjarian dans lâarticle cité à la note précédente, p. 451 (cf. aussi Lamberterie 2006, 224-225).
On trouvera les références dans lâ«â¯index graeco-armeniacusâ¯Â» joint par Adontz à son édition (1970, 67-76). Le suffixe -
Avec un sens très sûr de sa langue, le traducteur de la TéchnÄ rangeait -
Adontz 1970, 75 et 76.
Garsoïan 1989.
La version arménienne présente ici de notables différences avec lâoriginal grec, et il semble que le traducteur nâait pas très bien compris le texte grec quâil avait sous les yeux. Jâai essayé de rendre tant bien que mal ces différences dans la traduction, sans être sûr dâaboutir à une solution satisfaisante.
On remarquera ici lâusage systématique de la pÄspisutʽiwnâ¯: (a) le grec
Entendezâ¯: le «â¯meilleur des Achéensâ¯Â» est Achille, mais tant quâil reste à lâécart du combat contre les Troyens et donc ne fait pas la preuve de sa vaillance, ce titre revient à Ajaxâ¯; mais à partir du moment où Achille renonce à sa colère et se lance dans la bataille, il se révèle supérieur. On trouve un écho de ces vers dans lâOdyssée (11, 550-551)â¯:
Le gentilice
On trouvera un bon état de la question dans lâintroduction à la traduction commentée du Premier Livre des Règnes (GrilletâLestienne 1997, 74-76).
On pourrait comprendre aussi «â¯Judas, fils de Simon lâIscarioteâ¯Â», si lâon adopte la leçon
Le mot isk, dont lâemploi usuel dans la langue classique est celui dâune conjonction ou dâun adverbe («â¯en réalité, au justeâ¯Â»â¯> «â¯or, donc, maisâ¯Â», etc.), se rencontre aussi comme thème nominal (gén. iski, la forme que lâon a ici), et chez les grammairiens il sert couramment à traduire
Lâensemble du dossier est bien présenté par G.S. Kirk dans son commentaire (1985) du v. 16 du chant IIIâ¯: «â¯Paris (as we tend to call him) is mentioned here for the first time in the poem and is named not Paris but Alexandros. This is by far his commonest appellation (45à Il., including 21à in this Book, against 13à (including Dusparis) and only 3à in this Book for Paris). There is no difference in the nuance of the two names, and when Paris is used for the first time at 325 it is without any special comment or implication. The poet must, of course, have found it useful to have two such metrical alternatives at his disposal.â¯Â» (p. 266-267).
Texte arménien cité dans lâédition critique de H.M. Amalyan (1996). On notera lâusage de la pÄspisutʽiwn dans les expressions relatives à la nominationâ¯: seules deux dâentre elles (3 et 4) sont identiques, alors que les trois autres comportent de menues différences visiblement volontaires, pour éviter une répétition monotone.
Dans le passage dâIsaïe, le mot
Voir la note ad loc. de J.-P. Mahé dans sa traduction du passage (MahéâMahé 1993).
Merci à Agnès Ouzounian et à Robin Meyer pour leur relecture attentive.
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