1 Britannicus et Béréniceâ : tragédies aristotéliciennesâ ?
In: Racineâs Roman TragediesSearch for other papers by Tristan Alonge in
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Britannicus en 1669 et Bérénice en 1670 constituent un renouvellement thématique évident dans la carrière de Jean Racineâ : après sâêtre inspiré de la tragédie grecque, il se tourne vers Rome afin de concurrencer Pierre Corneille sur son propre terrain. Cette nouveauté thématique comporte-t-elle également une nouveauté dramaturgique, un renoncement à Aristote, comme semblent le suggérer des préfaces défendant lâidée anti-aristotélicienne de simplicité dâactionâ ? Lâarticle montre quâen réalité Racine reste bien fidèle aux préceptes de La Poétique en proposant deux tragédies qui répondent parfaitement à trois enseignements dramaturgiques fondamentaux dâAristote. Loin de proposer une action une et continue dans son déroulement, le dramaturge prévoit en réalité un dénouement contre toute attente dans les deux casâ ; ce retournement de lâaction en son contraire est rendu possible par la présence dâune véritable péripétie aristotélicienne (la rencontre entre les deux frères à lâacte III de Britannicus, la décision de Titus de se rendre chez la reine pour la sauver du suicide à la fin de lâacte IV de Bérénice)â ; enfin, ces péripéties sont rendues possibles par la présence de deux héros tragiques au sens dâAristote (Burrhus et Antiochus), qui commettent une faute attirant sur eux le malheur contre leur volonté.