I La collection de papyrus arabes de Heidelberg
La collection de papyrus arabes de Heidelberg est une des plus prestigieuses dans le monde. Non quââ¯elle soit une des plus importantes concernant le nombre de ses pièces, car elle est nettement inférieure à la plupart de ce que lââ¯on trouve, surtout à Vienne, où les papyrus arabes, et ce que lââ¯on peut rattacher à la papyrologie arabe sont plus de 50.000 pièces complètes ou fragmentaires.
Entre-temps les fonds de cette collection sont bien connus, pour avoir été décrits, en fonction de beaucoup de publications de certains de ses papyrus. Avant mes travaux concernant les manuscrits historiques rares, et les plus vieux de leur genre, que jââ¯ai publiés au cours des années, et dès 19721, Richard Seider en avait livré un aperçu général en 1964 dans la collection «â¯Heidelberger Jahrbücher. â¯Â»2 Notons quââ¯il sââ¯agit à Heidelberg dââ¯une riche collection, dans laquelle les papyri gréco-latins sont de loin les plus nombreux. A côté de papyrus importants en copte, nous avons des papyri arabes qui ont été acquis par lââ¯Université de Heidelberg, pour être conservés dans sa Bibliothèque Universitaire, vers la fin du 19e et surtout vers le début du 20e siècle. Elle porte comme sigle les lettres PSR, cââ¯est-à -dire Papyri Schott â Reinhardtâ¯; ce dernier était un bavarois et avait travaillé des années comme drogman au consulat allemand au Caire, avec une formation générale dââ¯orientaliste pour lââ¯Ã©poqueâ¯; F. Schott était un industriel, originaire de la région de Stuttgart (Göppingen) et était devenu le directeur général de la fabrique de ciment (Portland â Zementwerke, Heidelberg et Mannheim, aujourdââ¯hui seulement Zement AG, Heidelberg), qui est devenue une des meilleures à travers le monde. Ce directeur, un riche mécène, fit don de plusieurs centaines (plus de 1000) pièces de papyrus (et de documents sur papier aussi) à lââ¯Université. La collection resta à lââ¯intérieur de la Bibliothèque Universitaire, jusquââ¯au moment où elle fut levée en 1976 au rang dââ¯un Institut de ma Faculté, et cet Institut de Papyrologie a toujours été dirigé par un spécialiste des papyrus grecs, du fait que ceux-ci sont de loin les plus nombreux.
Dans la masse de ces manuscrits il sââ¯agit de documents, de lettres et de contrats de toutes sortes, de mandats dââ¯impôts etc. Loin de vouloir minimiser la valeur de ce genre de pièces, il faut noter que peu dââ¯entre elles sont complètes, ou révolutionnaires dans leur contenu, du fait que nous avons des milliers de documents importants, même très importants, surtout à Vienne, dans la Bibliothèque Nationale Autrichienne (Ãsterreichische Nationalbibliothek), et que dââ¯autres collections à travers le monde occidental, et bien sûr dans la Bibliothèque Nationale (DÄr al-kutub) du Caire en ont aussi. Parmi toutes ces pièces, les manuscrits sur pauyrus lââ¯emportent, numériquement.
II Quelques raretés spécialement précieuses
Quelques papyrus sont cependant dââ¯une importance capitale et ont toujours contribué à donner à toute la collection arabe une renommée spéciale, aussi bien en Europe quââ¯en Orientâ¯:
Plusieurs lettres de Qurra ibn SharÄ«k (m. 96 / 714), gouverneur omeyyade dââ¯Egypte, sur des questions administratives, fiscales et économiques, concernant des enquêtes, ou sur des réclamations de rapports sur des faits délictueux à cet égard. Carl Heinrich Becker était le premier à éditer cette collection de lettres, qui est la plus importance numériquement à Heidelberg, en 19063.
Naturellement Heidelberg nââ¯est pas le seul lieu, dans lequel sont conservées quelques autres lettres, aussi bien en Europe (Paris, Londres, Vienne) quââ¯en Egypte (le Caire). Notre collègue Jaser Abu Safiyya vient de donner une édition assez complète de toutes ces lettres, avec une étude générale sur le gouverneur et son activité4.
Deux textes historiques admirables sont à nommer, à côté de ces lettres, à lââ¯aide desquelles on peut écrire une véritable grammaire de lââ¯ancien arabe, en complément des textes coraniques. Ils sont attribués à Wahb ibn Munabbih (34â110 ou 114 / 654-655-728 ou 732)â¯:
ḤadÄ«th DÄwÅ«d â ou Histoire du roi David, la plus ancienne de son genre dans lââ¯histoire islamique, et qui porte la date la plus vieille quââ¯un manuscrit arabe littéraire (dans le sens quââ¯il nââ¯appartient pas au genre des documents purs) ait jamais porté dans la culture arabeâ¯: DhÅ« l-qaÊ¿da 229 / juillet 844. Dès mon édition de ce papyrus et de celui qui suit jââ¯ai insisté plus dââ¯une fois sur le fait quââ¯il sââ¯agissait là dââ¯une version, à partir dââ¯un original, qui a été exécutée en Egypte, à Fusá¹Äá¹, dans la maison du juge de ce pays Ê¿Abd AllÄh ibn Lahīʿa, dont il sera question plus loin, dans la présentation du troisième papyrus historico-littéraire, que jââ¯ai publié avec les autres, dans une série de volumes entre 1972 et 1986.
On y distingue deux parties déterminéesâ¯:
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La première concerne le règne de Saül. Il commence par la désignation de ce dernier par le prophète Samuel, à laquelle suit lââ¯histoire de son choix, comme premier roi des Israélites. Puis viennent lââ¯Ã©pisode sur lââ¯arche dââ¯alliance (al-TÄbÅ«t), le combat de David contre Goliath (JÄlÅ«t) et enfin les péripéties autour de la jalousie de Saül vis-à -vis de David, auquel il a donné sa propre fille en mariage, sans pourtant lââ¯associer à son règne, comme il le lui avait promis. Cette partie se termine par la tentative du roi dââ¯assassiner son rival David, par son repentir et par sa mort.
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La deuxième décrit le règne de David. Elle commence par des détails sur sa manière de vivre et de régnerâ¯; puis viennent les descriptions de sa tentation, suivie du conte des «â¯plaideurs â¯Â»5, en guise dââ¯introduction aux très belles pages sur le repentir de David, pour avoir convoité et épousé la femme de son officier Ê¿Uriyya, après avoir envoyé ce dernier de campagne en campagne contre les ennemis jusquâà sa mortâ¯; puis une description de la révolte de son fils Absalon contre lui et la mort de celui-ci. Le tout prend fin par les très belles pages sur Salomon et ses trois jugementsâ¯: la femme convoitée par le juge, le chef de police et le responsable du marchéâ¯; les deux femmes, les deux enfants et le loup, ainsi que le texte relatif à la Sourate 21, 78â79, auxquels succèdent de brefs récits, entre autres sur la construction du temple, commencée par David, ainsi que sur la mort de celui-ci.
MaghÄzÄ« rasÅ«l allÄh (terme valable aussi bien pour la vie (SÄ«ra) que pour les véritables campagnes militaires, auxquelles il fut plus tard réservé)6.
A lââ¯encontre du papyrus précédent, celui-ci ne porte ni titre, ni date, mais est de la même écriture et appartient, sans doute à la même époque, de laquelle sont certains transmetteurs de tous ces écrits, qui avaient affaire, en Egypte, avec la maison du juge Ibn Lahīʿa, dont il sera tout de suite question. Il comprend les événements suivants de la vie et des campagnes du Prophète Mahometâ¯:
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La rencontre dââ¯al-Ê¿Aqaba.
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Le conseil des qurayshites à DÄr al-nadwa (Maison du conseil).
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Lââ¯Ã©migration de la Mecque à Médine (Hijra).
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La campagne de Ê¿AlÄ« contre la tribu KhathÊ¿am et la conversion de celle â ci à lââ¯Islam.
Pour toutes les questions concernant ces textes, leur auteur, ou premier transmetteur, ainsi que leur attribution à lui, cââ¯est-à -dire à Wahb Ibn Munabbih, voyez là -dessus mon livre sur lui7.
Un dernier texte littéraire est enfin le fameux rouleau de papyrus (á¹£aḥīfa) attribué à ʿAbd AllÄh Ibn Lahīʿa (97â174 / 715â790). Celui-ci était devenu dââ¯abord juge dââ¯Egypte, et puis sa grande autorité, qui avait dans sa maison une bibliothèque, dans laquelle il rassemblait, ou copiait ou laissait copier des originaux ou des copies dââ¯originaux, de sorte que cette bibliothèque fut à lââ¯origine non seulement des manuscrits sur papyrus, décrits ici, mais aussi dââ¯autres qui ont été découverts avec eux et qui formaient des documents de toutes sortesâ¯; sans que lââ¯on puisse dire toujours de quels documents exactement il est question, car ils ne portent pas de signes attestant leur provenance, ou la place de leur conservation. Mais du fait que sa bibliothèque était devenue centrale pour lââ¯Egypte de son temps, et aussi pour tous ceux dââ¯entre les savants qui la visitaient, il est évident quââ¯elle a dû contenir un nombre importants dââ¯autres manuscrits, parmi ses uṣūl et furuÊ¿, dont il est toujours question. Depuis mon livre sur lui, et lââ¯Ã©dition de son rouleau, on ne peut plus en douter, dââ¯autant plus que plusieurs de mes travaux qui ont suivi, depuis 1986, ne font que corroborer ces données sur lui8.
Ce côté-là est important, pour expliquer la provenance et le lieu de conservation de beaucoup de documents arabes sur papyrus surtout, qui nous sont venus des trois premiers siècles, et qui ont dû avoir comme possesseur, quand on peut les dater, exactement ou approximativement, quand ils ne le sont pas du tout, ou Ibn Lahīʿa ou quelquââ¯un qui a travaillé sous son autorité, copié et transmis des manuscrits, sous sa dictée, enseigné comme maître à son tour et donné le droit de copier, de transmettre et dââ¯enseigner9. Cââ¯Ã©tait le plan de Becker lui-même qui prévoyait la publication des papyrus dââ¯Ibn Munabbih et dââ¯Ibn Lahīʿa, malheureusement rien nââ¯en a étéâ¯; et ce que Gertrud Mélamède a essayé de donner sââ¯est limité aux deux premiers feuillets des MaghÄzÄ« de Wahb, desquels elle a carrément laissé tomber toute la première page (sauf lââ¯isnÄd de deux lignes), de la deuxième page manquent cinq lignes, et de la quatrième manquent quatre lignes vers la finâ¯; de plus elle a laissé beaucoup de lacunes etc10. Parmi les documents, en dehors de ces textes, dits historiques et littéraires, il y a un certain nombre dââ¯autres pièces, qui ont été publiées par quelques spécialistes, dont je nommerai quelques-uns, à cause de leur importance scientifique (et aussi numérique)â¯:
III Les documents médicaux
Plusieurs papyrus ont en effet un contenu médical, et Becker, ayant quitté Heidelberg pour Hambourg, encouragea E. Seidel à se vouer à la publication de ces documentsâ¯; celui-ci suivit le conseil et les livra en quatre parties à Becker pour sa revue Der Islam, que celui â ci venait de fonder en 1910â¯:
«â¯Medizinisches aus der Heidelberger Papyri Schott-Reinhardt â¯Â», I. Teilâ¯: Der Islam, 1 (1910)â¯: 145â152. II. Teilâ¯: Der Islam, 1 (1910)â¯: 238â268. III. Teilâ¯: Der Islam, 2 (1911)â¯: 220â230. IV. Teilâ¯: Der Islam, 3 (1912)â¯: 273â291.
IV Le reste des documents travaillés
Puis 12 ans passèrent, jusquâà ce que Grohmann publia 11 textes de protocoles, et 10 ans après suivirent 11 textes de magie, travaillés par Grohmann, Bilabel et Graf11. Voilà quelques spécimens, auxquels il faut ajouter quelques textes, surtout des lettres importantes que K. Jahn édita peu après12 et un document intéressant, contenant un achat de drogues, qui fut publié par A. Dietrich13. Le reste est plus proche de nous, et il sââ¯agit de quelques autres documents ou lettres parus dans différentes publications dans ma Chrestomathie ou dans certains travaux de W. Diem, sur lesquels je ne mââ¯attarde pas ici.
V Les papyrus disparus de la collection
Entre-temps plusieurs membres dââ¯universités surtout arabes ont passé par Heidelberg, ont essayé de classer, dââ¯inventorier les documents que la collection possèdeâ¯; et lââ¯on attend des jeunes qui sââ¯occupent de la publication du reste non sérieusement touché. Dans mes recherches sur tous les documents de toutes sortes que Grohmann avait prévu de publier dans sa Chrestomathie, qui a vu le jour, entièrement revue corrigée et élargie par moi-même dans deux volumes14, je suis tombé sur un certain nombre de papyrus, inventoriés par Grohmann et quââ¯il voulait publier, mais dont il nââ¯a laissé que quelques notices et dont les originaux ont tout à fait disparu dans la collection de Heidelberg. Toutes mes longues recherches nââ¯ont abouti jusquâà maintenant à rien. Et pourtant les pièces de toute la collection étaient bien gardées, à lââ¯intérieur de la Bibliothèque Universitaire, où elles sont restées jusquâà la fondation de lââ¯Institut de Papyrologie et de sa séparation des locaux bibliothécaires en 1976. Peut-être que ces textes ont été déplacés, pour tomber dans la main dââ¯un spécialiste, qui les garda à lââ¯intérieur de sa propre bibliothèque, ou pour finir dans des caisses étrangères et ainsi appartenir à une autre institution ou tout simplement trouver leur fin dans un incendie ou une destruction quelconque. On ne peut le direâ¯!
De quoi sââ¯agit-il dans ces pièces qui comptent 159 piècesâ¯? Il est bon de donner quelques notions, au moins générales, pour ouvrir les yeux sur des pertes possibles, à lââ¯intérieur de chaque collection à travers le monde, et ainsi avoir des éléments de compléments heureuxâ¯:
Dââ¯abord nous avons dââ¯eux des numéros dââ¯inventaires. Ces numéros commencent assez bas, par le chiffre 63, pour aller de centaine en centaine et arriver jusquâà 1451. Ils ne sont pas consécutifs, mais ont dû être pris de leurs anciens numéros, pour être travaillés, sans quââ¯ils aient appartenu à un même fond suivi, comme cââ¯est le cas, assez souvent, au moins au début du classement de ces documents, après leur acquisition et les premiers essais de les rendre accessibles aux chercheurs.
Grohmann, qui semble avoir voulu les travailler, pour les publier, ne mentionne cependant pas toujours sur quel matériel chaque document a été écrit, et donc trouvé par lui dans la collection. Quelques fois il le mentionne, ce qui fait quââ¯il a dû disposer de certaines pièces de manière sûreâ¯; alors que concernant dââ¯autres, presque la majorité, il nây a aucune mention à ce sujetâ¯; ce qui laisse penser que les documents ont dû lui échapper, avant quââ¯il nââ¯ait pu terminer son travail de description assez générale, sans avoir pu retenir des indications précises sur la plupart de ces textes. Quant au sigle général de PSR, employé par lui, il ne peut pas jeter de la lumière sur ce côté, car tous les textes de la collection portent cette étiquette, qui concernait et concerne toutes les pièces de toutes sortes, qui forment partie de la collection de Heidelberg dans lââ¯ensemble. Donc là où le matériel porte une marque spéciale de Grohmann, comme «â¯papyrus fin â¯Â» ou «â¯moyennement fin â¯Â» etc., on peut conclure avec certitude quââ¯il sââ¯agissait dââ¯un texte sur papyrusâ¯; mais ces notations sont malheureusement très rares.
Les 159 textes nââ¯Ã©taient pas tous complets, mais certains, assez nombreux, étaient endommagés, à très endommagésâ¯:
Comme PSR 151v., qui forme une lettre dââ¯affaires, avec la mention «â¯sehr beschädigt â¯Â» (très endommagé), alors que le recto de cette lettre est formée de 9 lignes, dont les deux premières sont vides, et que de 5 à 9 sont plus remplies. De même 181r, un contrat de bail (Pachtvertrag) de 11 lignes, avec des lacunes, du IIIe siècle, portant la date de 269 H. Un autre contrat de bail, PSR 69, de 12 lignes, offre aussi des lacunes, mais est du IIIe siècle, de même PSR 259, de 13 lignes, aussi avec des lacunes, de même PSR 259r, de 13 lignes.
Dââ¯autres étaient restés en bon état (gut erhalten), comme un contrat de mariage (répudiation / Trennung), formant 14 lignes. Ce contrat aurait été bien pour mon ancien élève Abdulbary, qui a publié une thèse de doctorat sur des contrats de mariage sur papyrus, avec une grande introduction sur la diplomatique, ou lââ¯Ã©tude structurelle et idéelle des contrats au cours des premiers siècles en Egypte15. Un contrat de bail, qui est bien conservé en 16 lignes, est même daté de 209â¯; quel dommageâ¯! Un autre PSR 1520 nââ¯a que 8 lignes, sans autre indication.
Dans lââ¯ensemble on a un certain nombre de contrats de bail qui étaient en bon étatâ¯: ainsi PSR 63, avec un calcul du montant du bail et des dépenses, avec des données concernant les mesures du papyrus (décrit comme fin)â¯: 16.5â¯Ãâ¯12.4â¯; puis PSR 251, de 14 lignes, PSR 428, de 11 lignes. Dââ¯un autre PSR 116, de 9 lignes, il sââ¯agirait vraisemblablement aussi dââ¯un contrat de bail, qui serait, selon les indications des Grohmann, daté de 266 H.
Un grand nombre dââ¯entre ces papyrus perdus (â¯?) sont des listes dââ¯impôts, sur lesquelles Faleh Hussein a aussi travaillé il y a vingt cinq ans, dans son doctorat sous ma direction16â¯:
Impôt capital (Kopfsteuer / jizya)â¯: PSR 1225, de 4 lignes. PSR 235v, avec une liste dââ¯impôts de 12 lignes, sur un papyrus brun ouvert et moyennement fin, et aussi ses mesures que Grohmann a pu encore vérifierâ¯: 33.5â¯Ãâ¯17. PSR 431v, avec un calcul des impôts, de 5 lignes. PSR 511r des impôts de 9 lignes, et plus important PSR 531r, de même sur 30 lignes, ainsi que PSR 539 de 18 lignes, et du IIIe siècle.
Quelques listes de calculs (dââ¯impôts) vont de même très haut dans le nombre de leurs lignes, ainsiâ¯: PSR 546r, de 24 lignes, du IIIe siècle aussi, PSR 546v (â¯?) une liste de calculs de céréales, sur 29 lignes. Dââ¯autres nombreuses quittances de plusieurs lignes, comme PSR 615r, 16 lignesâ¯; PSR 618, 13 lignes, du IIIe siècleâ¯; PSR 622, 8 lignes, aussi du IIIe siècle, ainsi du même siècle, PSR 627, 12 lignes. Des listes de calcul dââ¯impôts (vraisemblablement) sont assez nombreuses, comme PSR 1151, de 14 lignes, PSR 1157r, 10 lignes, PSR 1159 de 11 lignes.
Il est toujours très regrettable dââ¯Ãªtre confronté à des données pareilles, sans avoir la possibilité de voir un original, ou une copie de lui, pour pourvoir travailler, publier ou au moins dire quelque chose de plus sur le contenu et les modalités de la conclusion du contrat, ou au moins sur quelques détails importants de cette conclusion. On voit dans lââ¯ensemble quââ¯il sââ¯agit là -dedans des données suivantes, que ces papyrus ont voulu attester par écritâ¯:
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Des contrats de bail, dont plusieurs étaient assez complets, dââ¯autres avec des lacunes, et même parfois avec certaines lignes vides, parce que non employées.
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Des listes dââ¯impôts, très nombreuses, avec des pièces plus complètes, dââ¯autres moins complètes, et dââ¯autres avec de grosses lacunes.
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Des listes de calcul de toutes sortes, et pas seulement concernant des problèmes de taxation.
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Des listes de dépenses.
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Une liste dââ¯ustensiles ménagers.
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Une liste de marchandises avec leurs prix.
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Une liste de biens.
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Des quittances de toutes sortes.
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Des listes de noms (affaires, impôts�).
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Un papyrus même concerne la vente dââ¯une maison (PSR 1451, de 27 lignes), un autre lââ¯achat dââ¯une maison (PSR 190 plus 191, 33 lignes / 12 plus 21, de 270 H.).
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Et certaines lettres privées, avec règlements de certaines affaires.
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Même un contrat de mariage, bien conservé, PSR 209, 14 lignes, quââ¯on a vu plus haut.
Dans cette collection il y a une omoplate dââ¯une chèvre, publiée (PSR 1204, 8â¯Ãâ¯17.5, du Ier / IIe siècle H. Le texte a été publié par Becker)17. De même une lettre à un gouverneur, PSR 594r, de 9 lignes, avec des lacunes. Deux textes de protocoles, PSR 433r, 11 lignes, et 433v de 10 lignes, déjà publiés par Grohmann, dans ses textes de protocoles18.
Voilà un aperçu général de ces textes sur papyrus de la collection de Heidelberg. Je lââ¯ai donné ici, en vue dââ¯informer un public, intéressé à la papyrologie arabe surtout, et pour attirer lââ¯attention sur dââ¯autres textes possibles, qui pourraient avoir une relation quelconque avec de telles données. Il y a eu quelques papyrus anciens, qui seraient un complément à des pièces plus nombreuses de Heidelberg, qui ont fini par se retrouver en Amérique, dans la collection de Chicagoâ¯: ainsi un début de papyrus sur la création du monde, qui rappelle le genre de récits attribués à Wahb Ibn Munabbih, comme le livre de Badʾ al-khalq wa-qiá¹£aá¹£ al-anbiyÄʾ, dââ¯AbÅ« RifÄÊ¿a Ê¿UmÄra Ibn WathÄ«ma Ibn MÅ«sÄ al-FÄrisÄ«, que jââ¯ai publiés en 197819, et qui remontent à Wahb en premier lieuâ¯; lââ¯un dââ¯eux a été publié par Nabia Abbott dans ses «â¯Studies â¯Â»20.
Pour le reste je nââ¯ai pas besoin de répéter quââ¯il faut à tout prix faire connaître tout ce qui nââ¯est pas connu de chaque collection papyrologique, car il y a toujours des textes qui viennent des mêmes fouilles, des mêmes lieux, et qui offrent des ressemblances étonnantes, quââ¯on peut faire connaître, à la lumière dââ¯autres qui sont connus, publiés et donc devenus accessibles. Ceci pourrait aider à replacer ce qui a été perdu, à sa juste place, et peut-être lui trouver un complément adéquat. De plus travailler des papyrus, nââ¯est pas une affaire simple à accomplirâ¯; et il faut être prudent, honnête, et savoir jusquââ¯où vont ses propres compétences, afin de savoir rendre le service attendu, et aider par là la science concernant les époques islamiques anciennes à donner un bon rendement, et non une idée faussée de la réalité historique, linguistique et sociale de ce passé, malheureusement toujours difficile à cerner, à analyser de manière entièrement satisfaisante. De bonnes publications papyrologiques seraient le meilleur moyen dââ¯arriver à des résultats plus réels et donc plus positifs.
Il faut insister, pour terminer, sur le fait que les spécialistes doivent sââ¯entraider, sââ¯Ã©pauler, pour arriver au meilleur résultat possible, pour le bien de notre recherche scientifique et lââ¯intérêt des pays en questionâ¯: les documents sur papyrus, en effet, ne mentent pas et ne faussent donc pas la réalité historique, que dââ¯autres textes ne reproduisent pas toujours avec fidélité. Là  â dessus le travail de Abdelbary al-Mudarris est particulièrement intéressant, surtout concernant le rôle positif joué par la femme musulmane dans les documents de mariage, sur lequel il faut attirer lââ¯attention, de manière spéciale aujourdââ¯hui21. De plus Y. RÄÄ¡ib a publié une étude générale sur les «â¯Actes de vente dââ¯esclaves et dââ¯animaux dââ¯Egypte médiévale â¯Â», comme suite à son premier volume sur ce sujet22â¯: Là  â dedans il analyse systématiquement les «â¯caractères externes â¯Â» et «â¯internes â¯Â» de ces actes, y compris lââ¯objet, les questions de prix et des autres modalités touchant toute sorte de clauses et de témoignages. Ces données bibliographiques nââ¯ont par ailleurs aucune prétention dââ¯Ãªtre exhaustives. Des renseignments beaucoup plus complets sont amplement amenés dans le Arabic Papyrology Database23.
Là -dessus, voyez Khoury, Wahb ibn Munabbih et Khoury, Ê¿Abd AllÄh.
Seider, Aus der Arbeit 142â¯ff.
P.Heid.Arab. I. Voyez aussi RÄÄ¡ib, Lettres nouvelles 173â187â¯; Sijpesteijn, Une nouvelleâ¯; Dietrich, Die arabischen et Diem, Philologisches.
Abū Safiyya 1425/2004.
Coran 38â¯: 21â¯ff.
Voyez M. Hinds, âal-MaghÄzÄ«,â Encyclopaedia of Islam. New Edition, 5â¯:1161.
Khoury, Wahb ibn Munabbih 9â¯ff.â¯; 34â¯ff. (ḥadÄ«th DÄwÅ«d)â¯; 118â¯ff. (MaghÄzÄ«), comme auteur de ces papyrus, 183â¯ff.
Sur lui, v. Khoury, Ê¿Abd AllÄh vie et Åuvre, 7â¯ff.â¯; sur sa maison et sa bibliothèque, 27â¯ff.â¯; édition, 243â¯ff., 31â32 où ce passage avait été déjà présenté et traduit par moi, pour la première foisâ¯; je lââ¯ai repris plusieurs fois plus tard dans une série de différents articles, dont le dernier est le suivantâ¯: Lââ¯apport spécialement important de la papyrologie dans la transmission et la codification des plus anciennes versions des Mille et Une Nuits et dââ¯autres livres des deux premiers siècles islamiques, inâ¯: Sijpesteijn et Sundelin, Papyrology 70â¯ff. (lââ¯articleâ¯: 63â95). De plus, al-JÄbirÄ«, TakwÄ«n 61â¯ff., ce livre ne mââ¯Ã©tait pas à cette époque disponibleâ¯; jââ¯en ai pris connaissance à travers la critique adressée à lui par Georges TarÄbÄ«shÄ«, IshkÄliyyÄt 11â¯ff.
Concernant ces «â¯Certificatsâ¯Â», délivrés à la fin de véritables séances, et appelés IjÄzÄt samÄÊ¿, ou «â¯Certificats dââ¯audition et de transmissionâ¯Â», qui ont pris place tôt dans la culture de lââ¯Islam classique, voyez Vajda, Les certificatsâ¯; Sellheim, Gelehrte 54â79â¯; Mackay, Certificates 197â¯; Khoury, Asad ibn MÅ«sÄ 91â108, il sââ¯agit là de 28 certificats.
Là -dessus, Khoury, Wahb ibn Munabbi 4â5â¯; Mélamède, The meetings 17â58.
Khoury, Wahb ibn Munabbih 4 et Bibliographie.
Jahn, Vom frühislamischen 153â200.
Dietrich, Zum Drogenhandel.
Chrest.Khoury I et II.
al-Mudarris 2009.
Hussein, Papyrologische 19â254 / 639â868.
Dans P.Heid.Arab. I 7. Y. RÄÄ¡ib en a publié deux lettres aussi, voyez plus haut, note 3, et W. Diem des remarques sur les publications en général Philologisches, 251â275â¯; le même, Der Gouverneur 104â111.
CPR III/1 et aussi dans Chrest.Khoury I.
Khoury, Les légendes.
Abbott, Studies.
al-Mudarris, Papyrologische.
RÄÄ¡ib, Actes de vente 1 et 2.
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