Le règne de Nicéphore Phocas a fasciné ses contemporains par le contraste de sa destinée. Lâempereur vainqueur sur tous les fronts nâa pu échapper à la main dâune femme. Pourtant, comme tout empereur parvenu au pouvoir à la suite dâun coup dâEtat, Nicéphore Phocas avait pris le plus grand soin de sâappuyer sur des hommes quâil pensait lui être fidèles en raison de la parenté, des compagnonnages militaires ou de lâadmiration envers le général victorieux.
1 Les sources du règne
Le règne de Nicéphore Phocas (15 août 963 â 11 décembre 969), pour bref quâil fût, a marqué le début de lâapogée militaire de lâEmpire romain dâOrient, car le souverain a ouvert le glorieux moment de âlâépopée byzantineâ, précédant Jean Tzimiskès et Basile II (963â1025). Cependant les sources concernant son règne ne sont pas très abondantes. Par chance, les sources narratives sont assez riches, surtout si on les compare à lâépoque de Basile II, et leurs auteurs présentent des points de vue différents, certains favorables à Nicéphore et à sa famille, dâautres plus hostiles1. Mais les sources documentaires sont presque
2 Nicéphore : sa situation au printemps 963
Lorsque Nicéphore Phocas, à lâinstigation de ses troupes, décide de marcher vers Constantinople, il dispose alors dâun solide réseau de soutiens au sein de lâarmée dâOrient3. La fortune de la famille, qui a commencé au temps de Basile Ier, sâest définitivement consolidée sous le règne de Léon VI, lui qui, dans ses Taktika, appelait le grand-père homonyme de Nicéphore, âson généralâ. Le sort de la lignée était lié à celui de la dynastie macédonienne. Les Phocas furent appelés en appui dans les moments difficiles comme au temps de la régence de lâimpératrice Zôè pour le compte de son fils, le porphyrogénète Constantin. Lâéchec de Zôè conduisit à la proclamation de Romain Lécapène co-empereur et à la mise à lâécart de Bardas Phocas, le plus illustre représentant de la lignée à ce moment. Durant le règne de Romain Lécapène, Bardas ne bénéficia dâaucun commandement supérieur, sauf lorsquâil fut brièvement rappelé en raison dâune attaque russe inattendue. Mais dès que Constantin VII eut écarté
Les deux principaux postes en Orient, celui de domestique des Scholes et celui de stratège des Anatoliques, furent constamment tenus par des Phocas après décembre 944, Bardas, puis Nicéphore et Léon, ses fils, enfin Jean Tzimiskès, son petit-fils. Le contrôle de lâOccident paraît moins solide avant le règne de Romain II qui confia aussi aux Phocas le poste de domestique des Scholes dâOccident. Dans lâétat actuel de nos connaissances, aucun Phocas,
La puissance des Phocas reposait aussi sur leur réseau familial. Il nous est imparfaitement connu, seulement lorsque les chroniqueurs signalent à lâoccasion la parenté de certains stratèges avec les Phocas. A la génération du père de lâempereur, Bardas lâAncien, son mariage avec une fille dâEudocime Maléïnos a scellé avec cette lignée une alliance qui se révélera indéfectible. La solidité de cette alliance a été contestée depuis le moment où mon étude sur les Phocas est parue. Dâune part Sophie Métivier a considéré que Nicéphore Phocas nâétait pas vraiment proche de Michel Maléïnos, saint familiale9, et dâautre part Vassiliki Vlyssidou avance lâhypothèse que les relations de Nicéphore avec les Maléïnoi furent plutôt distantes, voire hostiles10. Il est vrai que Nicéphore a choisi tardivement, une fois domestique des Scholes, un père spirituel, qui nâétait pas Michel, mais Athanase, futur fondateur de Lavra. Athanase était plus jeune que le parent de Nicéphore et plus mobile puisquâil accompagna le général en Crète, alors que Michel, très âgé, allait mourir en 961. Les moines du Kyminas furent sollicités comme ceux de lâAthos pour soutenir de leurs prières la lutte contre Sayf ed-Dawla11. Les arguments de Vassiliki Vlyssidou peuvent se résumer ainsi. Les Maléïnoi ne sont pas cités parmi les soutiens de Nicéphore Phocas en juin-juillet 963, ni parmi ceux de son neveu Bardas, révolté contre Tzimiskès en 970 et elle ajoute que parmi les opposants aux mesures fiscales prises par Nicéphore en Calabre en 965, on trouve un Maléïnos, Grégoire. En 963, Léon le Diacre ne cite que Jean Tzimiskès et Romain Kourkouas parmi les stratèges que Joseph Bringas espérait détacher de la rébellion, parce quâil leur offrait les deux plus hauts postes de lâarmée. Constantin Maléïnos, sans doute stratège de Cappadoce, est moins important ou est jugé trop attaché à Nicéphore Phocas. De même en 970, Eustathe Maléïnos, fils de Constantin, est
A la génération suivante, celle du futur empereur, le mariage le plus remarquable unit les Phocas aux Kourkouas14. Le fils de Théophile Kourkouas, et donc le neveu de Jean, domestique des Scholes pendant presque tout le règne de Romain Lécapène, épousa une sÅur de Nicéphore Phocas, avant 925, date probable de la naissance de Jean, dit Tzimiskès, le futur empereur15. Cette union avait pour but de rapprocher deux lignées militaires majeures, jusquâici placées en compétition. Car cette association permettait à terme de renforcer lâunité des troupes dâOrient puisque les Phocas avaient lâappui inconditionnel des soldats des Anatoliques et des thèmes de la frontière du sud-est, alors que les Kourkouas et leurs alliés sâappuyaient sur la Chaldie, la Mésopotamie et sans doute les Arméniaques, ainsi que sur les thèmes arméniens du nord-est de la frontière. Toutefois, à cette date, ce mariage ne permit pas aux Phocas de conserver leur position au sein de lâarmée. Cependant lorsque Nicéphore eut la main sur le choix des stratèges en Anatolie, il confia à son neveu Jean Tzimiskès plusieurs charges de stratège, dont fort probablement celle de Mésopotamie, région depuis longtemps sous lâinfluence des Kourkouas. Une autre sÅur du futur empereur avait épousé
Par lâintermédiaire de Jean Tzimiskès, Nicéphore fit entrer dans son cercle familial deux autres lignées militaires, les Balantai, dont un membre aurait épousé une sÅur de Jean, et dâautre part les Sklèroi puisque ce même Jean avait épousé Marie Sklèraina, sÅur de Bardas Sklèros, qui était sans doute de la même génération que le futur empereur. Marie mourut jeune et sans descendance. On voit donc se dessiner tout un regroupement autour de Jean Tzimiskès.
Lâappui des Sklèroi avait été aussi recherché par les Phocas, car Léon avait donné sa fille, Sophie, à Constantin, frère de Bardas Sklèros. Nous ignorons à quelle date cette alliance fut conclue. Léon le Diacre, relatant un exploit de Constantin, qui, au printemps 970, abattit un redoutable guerrier russe, affirme que sa barbe était naissante. Si lâévénement sâest déroulé après 963, comme lâimplique le texte de Léon le Diacre, cela signifierait que le nouvel empereur aurait cherché à consolider ses liens avec les Sklèroi. Mais la remarque du chroniqueur nâest guère compatible avec ce que nous savons sur Constantin. Son frère Bardas naquit vers 920 ou un peu après. Il est difficile de croire que Constantin, qui lâa accompagné dans ses combats, serait né vingt ou vingt-cinq après lui. Le mariage est antérieur à cette date. Constantin, en effet, était plus que trentenaire et lâon peut supposer que Sophie avait dépassé 18 ans17. Si lâhypothèse est juste, à ce moment les Sklèroi sollicitaient plutôt une alliance avec la famille dominante au sein de lâarmée.
3 Les modalités de la prise du pouvoir22
Nicéphore est proclamé empereur par ses troupes à Césarée de Cappadoce, puis couronné à Constantinople quelques mois plus tard. Ce laps de temps
En 961, pendant que Nicéphore Phocas menait les meilleures unités dâOrient conquérir la Crète, Romain II avait toutefois placé les troupes dâOccident, non pas sous lâautorité des officiers précédemment nommés, mais les avaient transférées sous les ordres de Léon, frère de Nicéphore. Ce dernier les avait menées à une victoire écrasante contre lâémir hamdanide. Il ne semble pas que Léon ait gagné en popularité auprès des officiers des thèmes occidentaux puisque ceux-ci se rallièrent à Marianos Argyros, lui qui avait commandé ou commandait encore les tagmata macédoniens quâil avait conduits au succès face à des envahisseurs hongrois.
Un sceau très intriguant fait connaître un Joseph, patrice, préposite, vestès, épi tès trapézès et stratège des Anatoliques (fig. 0.1)24. Ce sceau bilatéral est difficile à dater puisquâon ne dispose que de critères épigraphiques. Christos Malatras lâa daté du second quart du XIe siècle ; cependant, reculer la date à la seconde moitié du Xe siècle ne me paraît pas exclu, les o paraissant bouletés. La combinaison de la fonction dâépi tès trapézès, qui semble impliquer une présence à la cour de Constantinople, avec la charge de stratège des Anatoliques nâest pas une occurrence unique. En 968 en effet, lâeunuque Pierre, stratopédarque dâAnatolie, était nommé âal-athrabaziâ dans les sources arabes contemporaines25, signifiant ainsi, pour mériter ce nom, quâil fut longtemps, sâil nâétait encore, épi tès trapézès. Tout semble indiquer quâil sâagit du sceau de Joseph Bringas, qui, faute de trouver un stratège de la plus haute confiance
Lors de la prise du pouvoir, Marianos Argyros fut tué, Joseph exilé, et les Tornikioi disparaissent de la scène pour des décennies.
4 La mise en place de ses hommes par le nouvel empereur
Comme tout empereur parvenu au pouvoir en raison des circonstances et non par succession héréditaire, Nicéphore sâappuya dâabord sur sa famille dont nous avons vu quâelle nâétait pas très prolifique, comparée à celle des Comnènes un siècle plus tard. Nicéphore Phocas devait sâassurer que la population de Constantinople ne lui causerait pas de troubles lors de ses longues absences. Le nouvel empereur était populaire, lui qui avait reçu les honneurs du triomphe et était surnommé le âVictorieuxâ. Les circonstances de son entrée dans la capitale confirment les bonnes dispositions des habitants de la ville. Deux des principaux responsables civils, le magistre Michel Lécapène, recteur et logothète du drome, et le patrice Syméon, prôtoasèkrètis, membres du conseil de régence, ne semblent pas sâêtre engagés contre Nicéphore. Le patrice Sisinnios, nommé
Nicéphore jugea utile de placer son propre frère, Léon â leur entente sâétant toujours trouvée parfaite â, au poste de logothète du drome, en lui octroyant la dignité exceptionnelle de curopalate. Celle-ci, en effet, était fort rarement attribuée et lorsquâelle était conférée au sein de lâEmpire, elle était dévolue à un membre de la famille impériale. Il est vrai que Léon était père de deux fils légitimes, qui deviendraient les chefs de la lignée, puisque le frère cadet de Léon et Nicéphore, Constantin, était mort sans enfant et que Nicéphore avait perdu son fils unique.
Ce choix dâune fonction civile peut surprendre puisque Léon était avant tout officier de grand talent, mais il nâétait pas sans exemple de passer dâune fonction militaire à une fonction civile, ou lâinverse31. La fonction de Léon lâattachait au Palais et lui permettait donc de connaître les sentiments qui animaient les habitants et les rumeurs qui parcouraient la ville. De plus, Léon se trouvait aussi informé des ambassades se présentant à Constantinople et recevait les rapports provenant des thèmes, notamment frontaliers. Enfin la dignité reçue et la charge exercée faisaient de Léon un personnage fortuné. à la fin de son règne, Nicéphore laissait la capitale sous lâautorité de son frère pendant que lui-même faisait campagne aux frontières.
A la tête des armées, Nicéphore nomma deux parents : un neveu, Jean Tzimiskès, domestique des Scholes dâOrient, et Romain Kourkouas, sans doute un cousin par alliance, domestique des scholes dâOccident32, deux postes que Joseph Bringas leur avait promis pour les inciter à arrêter Nicéphore Phocas lorsque ce dernier se rebella33. On ignore qui occupa la charge de stratège des
Lâempereur confia à un autre neveu, Manuel, très probablement fils illégitime de Léon, lâarmée qui devait reconquérir la Sicile en 964. Manuel devait son poste à sa parenté impériale plus quâà ses compétences et lâexpédition fut un désastre34.
Enfin, à la fin de son règne, son neveu Bardas le Jeune, fils de Léon, était en poste en Chaldie et à Colonée35, des thèmes ou Tzimiskès et les siens étaient populaires. Le choix peut sâexpliquer par la méfiance que Nicéphore entretenait à lâégard de son futur assassin et par sa volonté dâéviter tout trouble interne.
Un oikos aristocratique comportait non seulement des parents, mais aussi des familiers et des serviteurs. Lâun dâeux, lâeunuque Pierre, toujours désigné comme lâ âhomme de Phocas (o tou)â36, devint lâun des généraux favoris de Nicéphore. En 968, il était stratopédarque dâOrient, titre quâil portait à défaut de celui de domestique des Scholes dâOrient, fonction alors inaccessible aux eunuques. Pierre était chargé de ravager la Cilicie et la Syrie du Nord et de préparer une future campagne contre Antioche.
Nous ignorons si deux autres eunuques, Nicétas et Michel qui servirent Nicéphore, appartenaient à sa maisonnée ou avaient été choisis au sein du cubiculum. Nicétas prit en charge la flotte, institution au sein de laquelle les Phocas nâavaient jamais eu dâinfluence. Les marins avaient cependant apprécié, sans aucun doute, le succès de la campagne de Crète où la flotte avait joué un rôle décisif. Lâempereur appréciait justement lâamiral. Après la défaite des Byzantins en Sicile, Nicétas, drongaire des ploïmôn, avait été conduit en captivité auprès du calife fatimide. Nicéphore le racheta alors à très haut prix. Le colophon dâun manuscrit conservé à Paris donnait le nom transmissible de Nicétas, mais seule la fin du nom est conservée ⦠antès. Hélène Ahrweiler a suggéré le nom de Balantès. A Byzance rien nâest impossible, mais que le rejeton dâune fameuse lignée militaire eût été réduit à la condition dâeunuque est improbable, sauf accident médical, mais cette dernière hypothèse est exclue puisque son frère Michel était aussi eunuque. Michel resta le protovestiaire de Nicéphore durant tout son règne jusquâà son assassinat et ne semble pas avoir participé au complot de 969, même sâil nâa pas su découvrir la pièce du palais
Pour en finir avec les eunuques, il faut mentionner le plus célèbre dâentre eux, lâancien parakoimomène Basile Lécapène. En 958, lorsque Nicéphore Phocas était domestique des Scholes, Basile, associé à Jean Tzimiskès, avait conduit une expédition victorieuse contre Sayf ed-Dawla, qui avait conquis Samosate et avait valu aux deux généraux les honneurs du triomphe à Constantinople. Jean Tzimiskès commandait des troupes qui ne venaient ni des Anatoliques, ni de Cappadoce, puisque ces thèmes étaient alors sous les ordres respectivement de Léon Phocas et Constantin Maléïnos. Tzimiskès était peut-être alors stratège de Mésopotamie, comme son grand-père37, ou des Arméniaques, là où il était né selon les sources grecques38. Ce formidable succès avait renforcé lâamitié entre les deux hommes39. En août 963, lorsque Basile agit en faveur de la rébellion de Nicéphore Phocas, câest peut-être en soutien de Jean Tzimiskès, alors farouche partisan du futur empereur. Il sây ajoutait probablement une rancÅur à lâégard de Joseph Bringas qui lâavait évincé de sa charge de parakoimomène. Nicéphore parvenu au pouvoir sut le récompenser en le rétablissant dans cette charge, en lui donnant aussi la succession de Joseph comme président du Sénat et en créant la dignité de proèdre. Cette distinction ne suffit pas à détacher Basile de Jean Tzimiskès, car il ne retrouva pas sa position de conseiller privilégié du temps de Constantin VII. Quels étaient les objectifs de Basile ? Il voulait assurément sâenrichir pour financer son mécénat quasi digne dâun empereur et il veillait à la sécurité de ses petits-neveux, Basile II et Constantin VIII.
On ignore les actions de Basile durant le règne de Nicéphore, mais il paraît être resté à Constantinople puisquâil sây trouvait lors du complot décisif. Léon le Diacre affirme que Basile avait été informé de ce projet, mais quâil nâa pas prévenu Nicéphore.
Un seul des soutiens de Nicéphore en 963 nâest pas connu pour avoir des liens de parenté avec lui. Le patrice Nicéphore Hexakionitès était sûrement stratège de thème à cette date40. Il fut récompensé ultérieurement par une promotion à la dignité de magistre et envoyé prendre le commandement de toutes les
5 Nicéphore Phocas et ses soutiens civils
Nous avons vu quâil conserva des personnalités comme Sisinnios, son éparque, qui avait servi lâempereur précédent. Léon Phocas semble avoir gardé durant tout le règne son poste de logothète du drome, mais il ne séjournait pas toujours à Constantinople puisque, en 965 par exemple, il assiégeait Tarse. De même le patrice et prôtoasèkrètis Syméon, qui avait servi Romain II, conserva sa charge durant le règne de Nicéphore et continua sa carrière sous Jean Tzimiskès. Dans cette administration civile, on ne distingue pas à proprement parler des âhommesâ de lâempereur, sauf Léon son frère, mais de hauts fonctionnaires prêts à mettre leur savoir éminent au service de lâempereur du moment.
Les lignées à tradition civile trouvaient aussi des postes dans la hiérarchie ecclésiastique, notamment dans lâadministration patriarcale. Nous avons très peu dâinformations sur ce personnel au temps de Nicéphore II. La hiérarchie provinciale était en partie issue des familles influentes localement, comme en témoigne le fait que Jean Kourkouas avait reçu une éducation religieuse de la part de Christophore, métropolite de Gangra, son parent42.
Le patriarche Polyeucte, qui faisait très probablement partie du conseil de régence, penchait en faveur de Nicéphore Phocas plutôt que vers Joseph Bringas auquel il enjoignit de laisser le général regagner ses terres et ses soldats au printemps 963, tout en veillant à ce que Nicéphore jure de ne pas attenter aux droits des enfants porphyrogénètes. Quelques mois plus tard, le patriarche ne fit aucune difficulté pour lâaccueillir, le couronner et accepter son mariage avec la veuve de Romain II, lâimpératrice Théophano, au prix sans doute dâun mensonge, lorsque lâempereur prétendit que ce nâétait pas lui le parrain des jeunes basileis, mais son père Bardas, affirmation qui rendait le mariage canonique.
Durant le règne de Nicéphore, une querelle lâopposa à lâempereur à propos des soldats morts en combattant les musulmans, le patriarche refusant de les considérer comme des martyrs comme le demandait lâempereur. Le patriarche contesta aussi vivement la novelle qui limitait les dons de terre aux établissements ecclésiastiques et la prétention de lâempereur à intervenir dans les
Nicéphore, dont lâintense piété ne fait aucun doute, trouva ses plus fermes soutiens parmi les moines. Avant son accession au pouvoir il entretenait une relation privilégiée avec Athanase, fondateur du monastère de Lavra à lâAthos. Athanase, issu dâune famille de notables, était né à Trèbizonde dâun père originaire dâAntioche de Syrie et dâune mère originaire de âColchisâ, câest-à -dire une Géorgienne. Ce mariage est remarquable puisquâ à cette date Antioche relevait de lâémirat dâAlep, ce qui prouve la possibilité de telles unions transfrontalières. Antioche se trouvait sur la route des pèlerinages depuis la Géorgie vers Jérusalem. Celui qui rapprocha Athanase et Nicéphore, câest Michel Maléïnos, oncle maternel du futur empereur et initiateur dâAthanase au monachisme cénobitique au Mont Kyminas. Désormais les sorts du général et du moine sont liés. Athanase accompagna Nicéphore en Crète et ce dernier finança la construction du monastère de Lavra. Dans les dernières années du règne de Nicéphore, Athanase accueillit très favorablement un aristocrate ibère, Jean, futur fondateur dâIviron. En soutenant Athanase, lâempereur accroissait lâinfluence de ses amis orientaux au cÅur de lâOccident byzantin, près de Thessalonique.
6 Les autres chefs de lâarmée sous Nicéphore Phocas
Alors que nous disposons du récit détaillé des campagnes de Nicéphore Phocas et de ses lieutenants en Orient, le nom des stratèges des grands thèmes nâapparaît que rarement, ni celui des principaux tagmata, à lâexception des Scholes. Câest plus surprenant puisquâils furent le fer de lance des troupes de lâempereur qui mena ou fit mener plusieurs campagnes majeures. Un sceau, qui peut être daté du troisième quart du xe siècle, nous fait connaitre Mélias, protospathaire et domestique des Excubites (fig. 0.2)44. Il sâidentifie presque certainement au futur magistre et domestique de lâempereur Jean Tzimiskès. Cet Arménien
Les noms des officiers qui servirent dans lâarmée apparaissent au détour dâun récit, ainsi Nicétas Chalkoutzès nommé premier stratège de Chypre en 965, Michel Chersônitès, stratège de Céphalonie en 96849, ou un Monastèriôtès qui périt avec son détachement lors du siège de Tarse. Ces noms apparaissent pour la première fois et presque toutes ces lignées auront une postérité au cours du siècle suivant et même au-delà . Notons au passage que lâempereur fut très favorable à lâélite du petit thème de Chersôn. Michel Chersônitès fut donc stratège dâun thème naval occidental et promu patrice et stratège de Chersôn50, lâon ne sait quand, ni par quel empereur, Nicéphore ou lâun de ses successeurs. Nicéphore avait aussi titré patrice un autre habitant de Chersôn, Kalokyros, dont il fit un ambassadeur â certes décevant â auprès de Sviatoslav de Kiev.
Dâautres noms, qui constituent peut-être une nouvelle génération dâofficiers, apparaissent lors du siège dâAntioche, ceux de Michel Bourtzès et dâIsaac Brachamios, auxquels il faut ajouter parmi les comploteurs de décembre 969, Léon Pédiasimos, et Atzypothéodôros. Un nom est beaucoup plus illustre, celui de Léon Abalantès, un proche parent de Tzimiskès, qui pourtant ne semble pas lâavoir tenu en haute estime, puisquâil fut désigné comme lâun des deux meurtriers de lâempereur, lâautre étant Atzypothéodôros.
La carrière antérieure dâAtzypothéodôros est inconnue, mais le nom signifie littéralement Théodore le garde du corps (á¼ÏÎ¶Î¿Ï Ïá¾¶Ï)51. Léon Pédiasimos servit sûrement Nicéphore Phocas, peut-être sous les ordres de Tzimiskès, mais on ignore les origines de cette lignée qui fournit des militaires jusque dans la première moitié du XIe siècle, avant de préférer les fonctions civiles. On ne sait si Léon sâidentifie au duc de Thessalonique Pédiasimos, connu par la Vie de saint Fantin52.
Isaac Brachamios, un Arménien, soutint Tzimiskès, puis sous Basile II, Bardas Sklèros qui avait rassemblé autour de lui beaucoup dâArméniens53. Ensuite les Brachamioi, à commencer par Isaac, exercèrent leur influence à Antioche tout comme les Bourtzai. Ces derniers, qui étaient peut-être dâorigine arabe, se mirent en valeur avec Michel qui accomplit une magnifique carrière, pleine de retournements politiques. Sa famille était établie dans le thème des Anatoliques54, mais des sceaux, récemment proposés lors de ventes aux enchères, prouvent que sur au moins deux générations, un Bourtzès commanda le thème
Enfin, la rébellion de Bardas Phocas le Jeune fait connaître parmi les anciens officiers qui lâont rallié, de noms supplémentaires, Syméon Ampélas et Adralestos Diogénès57. Le patrice Syméon Ampélas est un homme nouveau, sans doute un paysan qui sâest engagé jeune dans lâarmée et a gravi tous les échelons jusquâà devenir soit stratège dâun grand thème, soit commandant dâun tagma, si lâon se réfère à sa dignité. Sa famille a fourni des officiers au moins jusque sous Alexis Comnène58. Adralestos Diogénès est un parent de Bardas, neveu ou cousin germain. Ce personnage était peut-être en relation avec Adralestos, domestique des Scholes en 921, et Diogénès est le nom dâune lignée qui sâillustra particulièrement au siècle suivant et dont lâenracinement cappadocien est bien attesté. Son changement de camp lui valut sans doute dâêtre nommé stratège des Anatoliques par Tzimiskès59. On peut sâétonner de la facilité avec laquelle les conjurés se sont ralliés aux propositions du nouvel empereur. Celui-ci détenait désormais le pouvoir sans espoir dâun rétablissement des Phocas, Léon ayant laissé passer sa chance immédiatement après le meurtre de son frère. Il leur fallait donc sâefforcer de gagner la faveur du nouveau basileus, qui avait aussi besoin de leur soutien. De plus, sâils étaient presque tous des parents de lâempereur défunt, ils étaient, ipso facto, parent du nouvel empereur, son neveu.
7 La réussite dâun complot palatin : lâextrême audace des comploteurs
Les causes de la rupture du groupe restent mal déterminées. Notons dâabord que la venue au pouvoir de Jean Tzimiskès ne résulta pas dâun grand mouvement de troupes comme lâavènement de Nicéphore en 963 ou les tentatives de Bardas Sklèros et Bardas Phocas durant la première partie du règne de Basile II. Il est donc difficile dâestimer lâampleur des divisions au sein des troupes dâAnatolie. Nicéphore Phocas nâétait pas très populaire à Constantinople, malgré son triomphe au retour de lâexpédition de Crète et lâaccueil favorable lors de sa prise du pouvoir. Mais un spectacle engageant des soldats provoqua une panique mortelle à lâHippodrome, une rixe avec des stratiotes arméniens dans la capitale même scandalisa et, plus grave encore, la spéculation sur le blé, à la suite de récoltes médiocres, orchestrée par son frère Léon, accusé de cupidité, provoquèrent une très forte hausse des prix et un rejet du souverain. Au sein de lâarmée, si certains officiers exprimaient un mécontentement, les armées dâOrient admiraient toujours lâempereur victorieux.
Plusieurs facteurs ont cependant pu jouer. En premier lieu les objectifs de Nicéphore Phocas, toujours dirigés contre les Hamdanides et lâémirat dâAlep, ne favorisaient pas les intérêts des généraux ayant des biens dans le thème de Mésopotamie ou les thèmes pontiques. En second lieu, les guerres, avec la militarisation de lâEmpire symbolisée par lâextension de la strateia, ont sans doute provoqué une augmentation du corps des officiers pour encadrer des armées aux effectifs grandissants. De nouvelles lignées, comme nous lâavons vu, ont intégré lâélite militaire. Enfin, il semble que Jean Tzimiskès et Léon Phocas se querellaient, sans doute parce que Jean espérait être le second dans lâEmpire et peut-être succéder à Nicéphore, si celui-ci mourait avant lui, qui était plus jeune. Il voyait que Léon, doté dâune descendance masculine, était mieux placé que lui.
8 Conclusion
Les Phocas et les Kourkouas sâétaient efforcés de se rapprocher par des mariages et dâunir toute lâAnatolie, celle tournée vers le sud-est et la Syrie et celle qui regardait vers lâEst et les principautés arméniennes. Comme lâa montré Walter Kaegi, câétait une fracture très ancienne quâon peut suivre sur plusieurs siècles60. Nicéphore Phocas se proposa de gouverner, entouré par
Cette profonde division de lâarmée dâOrient, apparemment atténuée en 963, sâest rouverte après 965 et sâest maintenue jusquâen 989, car les grandes rébellions du début du règne de Basile II la reflètent encore parfaitement. La guerre civile a opposé les deux Bardas, Sklèros et Phocas, et finalement, même vaincu, le premier lâa emporté comme en témoigne la position très remarquable des Sklèroi au cours du xie siècle, alors que les descendants des familles liées aux Phocas, dont beaucoup avaient connu leur essor à partir du règne du premier empereur macédonien, Basile Ier, ont presque toutes perdu leur position dominante sous les règnes de Basile II et Constantin VIII.



Tableau généalogique des Phocas du IXe siècle au début du XIe siècle
Les principales sources narratives sont : Charles-Benoît Hase, Leo Diaconus, Varii libelli qui Nicephori Phocae et Joannis Tzimiscis historiam illustrant (Corpus Scriptorum Historiae Byzantinae), Léon le Diacre (Bonn, 1828) ; traduction française, Léon le Diacre, Empereur du Xe siècle, trad. René Bondoux et Jean-Pierre Grélois (Paris, 2014) ; traduction anglaise, The History of Leo the Deacon. Byzantine Military expansion in the Tenth Century, introduction, translation, and annotations by Alice-Mary Talbot and Denis F. Sullivan (Washington, DC, 2005) ; Ioannis Scylitzae synopsis historiarum, ed. J. Thurn (Berlin, 1973) ; traduction française, Empereurs de Constantinople, texte traduit par Bernard Flusin et annoté par Jean-Claude Cheynet (Paris, 2003) ; traduction anglaise, John Skylitzes, A Synopsis of Byzantine History, 811â1057, translation and notes by John Wortley (Cambridge, 2012) ; Athanase Markopoulos, « Le témoignage du Vaticanus gr. 163 pour la période entre 945â963 », ΣύμμεικÏα 3 (1979), 83â119, réédité dans Idem, History and Literature of Byzantium in the 9th-10th Centuries (Aldershot, 2004) ; Histoire de YaḥyÄ ibn-SaâÃd al-Aná¹ÄkÄ«, Continuateur de SaâÃd ibn-Biá¹rÃq, éd. et trad. par Ignace Kratchovsky et Alexandre Vasiliev, I, Patrologia Orientalis 18 (1924), 700â833 (désormais YaḥyÄ al-Aná¹ÄkÄ«) ; The Rise and Fall of Nikephoros II Phokas. Five Contemporary Texts in Annoted Translations by Denis Sullivan (Leiden, 2019).
George Zacos, Byzantine Lead Seals, vol. II, compiled and edited by John W. Nesbitt (Berne, 1984), no 1077 (aujourdâhui BnF 1524).
Sur les Phocas, voir en dernier lieu, Jean-Claude Cheynet, « Les Phocas », appendice à lâouvrage de Gilbert Dagron et Haralambie MihÄescu, Le traité sur la guérilla de lâempereur Nicéphore Phocas (Paris, 1986), pp. 289â315, complété par Idem, « Liste des sceaux pouvant être attribués aux Phocas et à leurs proches », dans Idem, La Société Byzantine. Lâapport des sceaux, vols. 1â2 (Paris, 2008) (désormais Société Byzantine), pp. 499â509.
Sur les Doukai, lâétude la plus complète reste celle de Demetrios I. Polemis, The Doukai. A Contribution to Byzantine Prosopography (London, 1968).
Sur les Argyroi, voir en dernier lieu Jean-Claude Cheynet et Jean-François Vannier, « Les Argyroi » dans Société byzantine, pp. 525â61, qui donnent les références des travaux antérieurs.
Werner Seibt, Die Skleroi, eine prosopographisch-sigillographische Studie (Vienne, 1976).
Jean-Claude Cheynet, « Notes arabo-byzantines », dans Mélanges Svoronos (Réthymno, 1986), pp. 145â47.
Vera von Falkenhausen, La dominazione bizantina nellâ Italia meridionale dal IX allâ XI secolo (Bari, 1978), pp. 80â84.
Sophie Métivier, « Michel Maléinos, un saint des Phocas ? », dans ÎὠδῶÏÏν εἰμι Ïá½°Ï Î³ÏαÏá½°Ï Î²Î»ÎÏÏν νÏει. Mélanges Jean-Claude Cheynet, éd. Béatrice Caseau, Vivien Prigent et Alessio Sopracasa, Travaux et Mémoires 21, no. 2 (Paris, 2017), 451â58.
Vassiliki Vlyssidou, « Relativement à la nomination dâEustathe Maléïnos comme stratège dâAntioche et de Lykandos », Zvornik Radova VizantoloÅ¡kog instituta 50 (2013), 347â55.
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Toutes les références sont données dans la notice de la Prosopographie der mittelbyzantinischen Zeit, Abteilung II : 867â1025, B. I-VIII, éd. Friedhelm Winkelmann et al. (Berlin, 2013) (désormais PmbZ), no 22426.
Traité sur la guérilla (comme n. 3), p. 35.
Sur les Kourkouas, cf. Luisa Andriollo, « Les Kourkouas (IXe-XIe siècle) », Studies in Byzantine Sigillography 11 (2012), 57â88.
PmbZ, no 22778.
Le sceau de Bardas Parsakountènos, magistre et duc des Anatoliques, est connu en deux exemplaires (IFEB 291 et coll. Boersema). Le sceau est postérieur à la chute de Nicéphore Phocas, comme lâindique la très haute dignité de magistre portée par Bardas. Christos Malatras, « The thema of the Anatolikoi: prosopography and administrative structure », dans Taktikon. Studies on the Prosopography and Administration of the Byzantine themata, eds. Olga Karagiorgou, Pantelis Charalampakis, Christos Malatras (Athènes, 2021), pp. 389 et 391.
Skylitzès, p. 294 ; trad. fr. p. 247, trad. ang. p. 281. Le chroniqueur offre, en rappelant cette union, un bel exemple de lâutilité de tels mariages, même lorsque les parents par affinité se trouvent partagés lors dâun conflit civil. Bardas Sklèros, qui agit pour le compte de Jean Tzimiskès, rappelle au rebelle vaincu Bardas, neveu de lâempereur défunt, quâils sont parents et quâil lui garantit sa sécurité, ce qui advint.
Bardas, fils unique de Nicéphore, fut tué accidentellement par le jeune Pleustès, son neveu ou peut-être un cousin germain. Léon le Diacre, p. 41 ; trad. fr. p. 79, trad. ang. p. 91 ; Skylitzès, p. 260 ; trad. fr. p. 219, trad. ang. p. 250. Lâincertitude du degré de relation réside dans le sens de αá½ÏανέÏιοÏ. Le sens ancien était cousin germain, mais Skylitzès, qui a lu Léon le Diacre transcrit á¼Î½ÎµÏιόÏ, neveu. Aá½ÏάδελÏÎ¿Ï est du reste lâéquivalent dâá¼Î´ÎµÎ»Ïá½¹Ï.
Jean-Claude Cheynet et Dimitri Theodoridis, Sceaux byzantins de la collection Theodoridis. Les sceaux patronymiques (Paris, 2010), no 173.
Sur les différentes Sôtéropolis, cf. en dernier lieu, Werner Seibt, « The Enigma of Soteropolis », Revue des études byzantines 75 (2017), 321â27.
Jan Olof Rosenqvist, The Hagiographie Dossier of St Eugenios of Trebizond in Codex Athous Dionysiou 154. A Critical Edition with Introduction, Translation, Commentary and Indexes (Uppsala, 1996), pp. 178â81.
Aux sources mentionnées à la note 1, il faut ajouter Constantin VII Porphyrogénète, Le livre des cérémonies, sous la direction de Gilbert Dagron et Bernard Flusin (Paris, 2020), Livre I, chapitres 47â92 et 105â106, éd. par Bernard Flusin, trad. et notes par Gilbert Dagron, Livre I, chapitres 93â104, éd., trad. et notes par Denis Feissel, avec la coll. de Michel Stavrou, I, 106, pp. 444â57.
Sur Bringas, cf. Athanase Markopoulos, « Joseph Bringas. Prosopographical Problems and ideological trends », ΣύμμεικÏα 4 (1981), 87â115, réédité dans Id., History and Literature of Byzantium in the 9th-10th Centuries (Aldershot, 2004), no IV ; PmbZ, no 23529.
Malatras, Taktikon, p. 346, 361 (comme n. 16). Lâauteur fait mention dâun sceau de lâErmitage inédit. Un second exemplaire a été proposé à la vente aux enchères Pompei Numismatics no 2 (03â12-2021) no 939.
YaḥyÄ al-Aná¹ÄkÄ«, p. 818.
YaḥyÄ al-Aná¹ÄkÄ«, p. 788.
YaḥyÄ al-Aná¹ÄkÄ«, p. 790.
Skylitzès, p. 275 ; trad. fr. p. 231, trad. ang. p. 264.
PmbZ, no 27694.
PmbZ, no 23920.
Lâempereur Nicéphore Ier, ancien stratège de thème, était devenu logothète du génikon sous le règne dâIrène. Nicéphore Ouranos, épi tou kanikleiou de Basile II, devint lâun des ses généraux les plus talentueux.
Le sceau de Romain, magistre et domestique des Scholes dâOccident lui a été attribué avec une très grande vraisemblance : Werner Seibt, Alexandra-Kyriaki Wassiliou-Seibt, Die byzantinischen Bleisiegel in Ãsterreich, t. 2, Zentral- und Provinzialverwaltung (Vienne, 2004), no 247.
Skylitzès, p. 256, trad. fr. p. 217, trad. ang. p. 247.
Léon le Diacre, pp. 65â67, trad. fr. pp. 103â105 ; trad. ang. pp. 115â16 ; Skylitzès, p. 267, trad. fr. pp. 224â25, trad. ang. p. 256.
Léon le Diacre, p. 86 ; trad. fr. p. 129 ; trad. ang. pp. 145â46 ; Skylitzès, p. 284, trad. fr. p. 239, trad. ang. pp. 271â72.
PmbZ, no 26496.
Andriollo, « Les Kourkouas », p. 67.
Pmbz no 22778. Les chroniqueurs arméniens le font naître dans le « pays de Tzimiskès », dans la région de Kozan.
Léon le Diacre (p. 94, trad. fr. p. 128, trad. ang. p. 143) souligne lâextraordinaire amitié qui liait les deux hommes.
Markopoulos, « Vaticanus Gr.163 », p. 100, l. 22â23. Sur le personnage, cf. PmbZ no 25608.
Actes dâIviron, I, éd. Jacques Lefort et al., Des origines au milieu du xie siècle (Paris, 1985), Acte 9 (995), l. 25â26.
Theophanes Continuatus, éd. I. Bekker (Bonn, 1838), p. 426.
Les Regestes des Actes du patriarcat de Constantinople, vol. I : Les Actes des patriarches. Fasc. 1 : Les Regestes de 381 à 715, par V. Grumel, 2ème édition revue et corrigée (Paris, 1972), no 793.
Le sceau inédit qui nous donne cette information provient dâune vente (Classical Numismatic Group, no e-521 [3-8-2022], no 643).
Nicole Thierry, « Un portrait de Jean Tzimiskès en Cappadoce », Travaux et Mémoires 9 (1985), 477â84.
Catherine Holmes, Basil II and the Governance of Empire (976â1025) (Oxford, 2005), p. 335 et n. 74.
Gustave Schlumberger, Sigillographie de lâempire byzantin (Paris, 1884), p. 671.
Werner Seibt, Die byzantinischen Bleisiegel in Ãsterreich, t. I, Kaiserhof (Vienna, 1978), p. 261.
Liutprand de Crémone, Antapodosis, éd. par Paolo Chiesa, trad. par François Bougard (Paris, 2015) § 64 et 65, pp. 420â23.
Nicolas A. Alekseenko, Lâadministration byzantine de Cherson : catalogue des sceaux (Paris, 2012), no 80, p. 164.
Le nom est attesté seul comme nom transmissible un siècle plus tard par le sceau de Léon Atzoupès, protospathaire épi tou Chrysotriklinou et hypatos. Werner Seibt et John Nesbitt, « Odd Surnames with Alpha: A Selection of Examples on Byzantine Seals in the Harvard Collections », Dumbarton Oaks Papers 68 (2014), 367.
PmbZ, no 26401.
Jean-Claude Cheynet, « Les Brachamioi », dans Société byzantine, pp. 377â79. Il fut promu patrice après 969 et fut un temps stratège de Chaldie.
Jean-Claude Cheynet, « La famille Bourtzès », dans Société byzantine, pp. 339â40.
Vente Saint Paul Antiques, no 13 (11â9-2017), no 673.
Vente Demos Numismatics, no 12 (5â8-2022), no 1433.
Léon le Diacre, p. 120, trad. fr. p. 152, trad. ang. p. 168 ; Skylitzès, p. 292, trad. fr. pp. 245â46, trad. ang. p. 279.
Cet officier périt lors dâune bataille contre les Turcs en 1113. Annae Comnenae, Alexias, éd. Dieter R. Reinsch et Athanasios Kambylis (Berlin, 2001), pp. 447â48.
PmbZ, no 20118.
Walter E. Kaegi, Byzantine Military Unrest 471â843: an Interpretation (Amsterdam, 1981), pp. 326â30.