La mobilité des individus à travers le monde les expose à l’intervention désordonnée de multiples régimes juridiques et autorités juridictionnelles. Des incertitudes en résultent, parfois des blocages ou des pesanteurs injustifiées. A travers le droit « international », les pouvoirs politiques ont conçu des modes de coopération entre autorités parallèlement compétentes et d’articulation de leurs points de vue. Ce savoir-faire millénaire permet d’atténuer les risques de désordre et de paralysie au détriment des personnes privées.
Sous le concept de cohérence, cet ouvrage étudie les techniques de résolution des conflits de lois, de juridictions ou d’autorités et leur évolution à mesure des transformations du matériau juridique. Non limités aux situations relevant du pur droit privé, ces mécanismes appréhendent aussi les discordances en droit public ou dans les domaines hybrides ; ils n’ignorent pas les régimes juridiques transnationaux et modes privés de règlement des différends (tel l’arbitrage).
La cohérence est ici classiquement analysée dans les rapports horizontaux entre sphères juridiques indépendantes, puis dans l’axe vertical lorsque, exceptionnellement, des institutions œuvrent en surplomb des États et permettent, à travers leurs procédures, de questionner la rationalité du droit appliqué aux individus sur la scène mondiale.

Prices from (excl. shipping):

€21.60€18.00 excl. VAT
E-Book (PDF)
Louis d’Avout est un professeur français de droit international privé. Il enseigne actuellement à l’Université Paris-Panthéon-Assas.
Premières vues. L’unité du droit par-delà les souverainetés étatiques ?

Chapitre introductif. Face à l’anarchie juridique mondiale

Section 1. Le droit « international » « privé » : appellation mystérieuse, savoir-faire millénaire
Par. 1. Définir, nommer, circonscrire
A. Définitions a-prioristiques ou cartographiques du droit international privé
1. A travers des sources spécifiques ?
2. A travers un objet spécifique ?
B. Définition fonctionnelle
1. Finalité ou justification fondamentale de la matière
2. Moyens techniques, mécanismes, fédérés autour de la finalité
Par. 2. Styliser la discipline
A. Arrêts sur image
B. Quelques représentations intellectuelles au départ du droit international général et de ses ambiguïtés
1. Une discipline étatique, unilatérale ; un droit interne assoupli ou transformé
2. Un droit interétatique, « collaboratif » (les associations ou cumuls de points de vue étatiques)
3. Un droit répartiteur de compétences, formulé par et pour des ordres indépendants

Section 2. La quête d’une cohérence interétatique et transnationale du droit
Par. 1. Signification de la cohérence
A. Etymologie
B. Acceptions voisines ou dérivées en matière juridique
1. Hypertrophie de l’approche logique
2. Valeurs et méthodologies connexes, pertinentes pour le droit (prévisibilité, sécurité)
C. Sens retenu
Par. 2. Nécessité de la cohérence dans le domaine juridique
A. Eloges de l’incohérence
1. Apologie des désordres temporaires
2. Les nihilistes: tout est incohérent, la cohérence n’est qu’une représentation mentale
B. Traductions positives de la cohérence en matière juridique
1. La cohérence institutionnelle contraint les individus
2. La cohérence contraint le politique
Par. 3. Possibilité d’une cohérence juridique étendue au monde entier
A. Ouverture et interconnexion des systèmes juridiques
1. La fin des Etats opaques et autarciques
2. L’ouverture des autres « sphères » juridiques
B. Interétatisme, supra-étatisme : les défis institutionnels du système international
1. Dialectique de l’unilatéral et du concerté
2. L’horizontal et le vertical; les droits subjectifs inter- ou supra-étatiques
C. Souveraineté territoriale, fédéralisme et institutions juridiques mondiales
Première partie. Horizontalités – L’interaction des sphères juridiques indépendantes

Chapitre II. L’équité formulée au départ de la lex fori

Section 1. L’esprit de relativité juridique
Par. 1. Extranéité et relativité : les données premières du droit civil international
A. Relativité quant aux personnes (nationaux et étrangers devant l’autorité du droit local)
1. L’étranger, corps extérieur à la collectivité
2. Le statut des nationaux et des multinationaux
B. Relativité quant aux situations
1. Réception des situations internationales ou étrangères; variations de l’ordre public
2. Portée spatiale des lois
Par. 2. La relativité juridique des temps modernes et le phénomène d’autolimitation des ordres juridiques étatiques
A. Illustrations du phénomène
B. L’autolimitation des ordres étatiques et la subsidiarité
1. La prémisse : l’Etat omnipotent
2. Les voies multiples de l’autolimitation de la puissance étatique

Section 2. L’assouplissement de la lex fori (les mécanismes embryonnaires du droit international privé)
Par. 1. La lex fori comme point de départ
A. Raison d’être (procédure et fond)
B. Vivification des situations juridiques étrangères
Par. 2. Les voies diverses de l’adaptation judiciaire
A. Un exemple historique : l’ignorance excusable par l’étranger de la loi pénale locale
B. Les techniques contemporaines
1. Désactivation, ou autolimitation stricto sensu, de la règle de droit
2. Application atypique de la loi par voie d’interprétation ad hoc ou de prise en compte d’un droit étranger
3. Règles matérielles internationales d’origine prétorienne
Par. 3. Limites à la créativité judiciaire ?
A. Vrais conflits
B. Techniques unilatérales (ou substantielles) de résolution des vrais conflits

Chapitre III. Rattachements et règles de rattache ment (compétence d’autorités, applicabilité des lois)

Section 1. Propos liminaires
Par. 1. Le rattachement en un sens peu technique
A. Point de contact inné, multiplicité et regroupement de points de contact
B. Lien raisonnable et justifiable, lien suffisant ou dominant
C. Rattachement et idéologie d’une compétence impartie
Par. 2. Le concept technique et sa valeur transversale
A. Le rattachement, indication normative puis connexion concrète
B. Place du rattachement au sein des règles juridiques
1. Du côté des conséquences de la règle
2. Du côté du présupposé de la règle
C. Les rattachements apparents ou assourdis du droit de la reconnaissance des jugements (ou de situations constituées à l’étranger)
D. Conclusions intermédiaires

Section 2. Les rattachements de compétence judiciaire ou administrative
Par. 1. Originalité des rattachements de procédure
A. Pouvoir ou compétence ?
B. Compétence et droit applicable
C. Compétence-disponibilité et compétence mission
1. Le cas de la juridiction civile
2. Le cas de l’autorité administrative
Par. 2. Tendances et problèmes contemporains de la compétence judiciaire internationale
A. Définition « fonctionnelle » ou « instrumentale » des rattachements
1. Variété et compénétration des intérêts pris en compte
2. Typologies et grilles d’application
B. Mise en œuvre
1. Sanction des règles de compétence
2. Tempéraments à une compétence acquise et exercée

Section 3. Les rattachements du droit de fond
Par. 1. Genèse et justification des règles de conflit
A. Le fondement premier: les politiques législatives internes et leur projection sur les situations internationales
1. Les règles bilatérales, au départ de rattachements unilatéraux cristallisés
2. L’égale vocation des lois étatiques et le problème des législations atypiques
B. L’addition des politiques juridiques propres aux relations internationales
1. La théorie de l’assemblage modifiée : de l’anticonceptualisme nord-américain au fonctionnalisme
2. Qui fixe les politiques juridiques spécifiques en matière internationale ?
C. Addendum: contingence, flexibilité et spécialisation des règles de conflit
Par. 2. Mise en œuvre téléologique et circonstanciée
A. De quelques difficultés classiques
1. Qualification et dépeçage
2. Conflits de systèmes et de points de vue
3. Cécité de la règle de conflit ? Le retour immédiat des valeurs
B. L’autorité des règles de conflit
1. Pour les justiciables
2. Pour les juges, les administrations ou des arbitres
Par. 3. Le rattachement, sans les règles de rattachement ?
A. Les clauses d’exception
B. Les exceptions de reconnaissance, de pré visibilité, de proportionnalité, de confiance légitime, etc.

Chapitre IV. La coopération transnationale, les communications entre autorités

Section 1. Les visages divers de la coopération transnationale
Par. 1. Dimension classique de la coopération (moyennant distinction d’une mesure accessoire et d’une procédure principale)
A. L’assistance, ou entraide, administrative et judiciaire
1. Une coopération technique, réalisée à travers des actes auxiliaires
2. Une coopération spécialisée, segmentée et librement déterminée par les Etats
B. Coopération en marge de la procédure de référence
1. Auteur et instant de la demande d’entraide
2. La reconnaissance des jugements et des actes publics, mode de coopération ?
3. Les mesures conservatoires, dans leur rapport avec l’instance contentieuse étrangère
Par 2. Figures modernes: stimulation ou codétermination des solutions juridiques
A. Les « systèmes de coopération » d’origine conventionnelle
1. Conventions de La Haye récentes
2. Autres régimes conventionnels
B. La rencontre spontanée des unilatéralismes et leur conjugaison
1. Explication
2. Premières illustrations
< br/> Section 2. La résolution concertée, ou interactive, des différends internationaux
Par. 1. Raison d’être
A. L’idéal de la procédure contentieuse unique : ses conditions et ses limites
1. Articulation typique des procédures nationales dans un souci de cohérence juridique
2. Les deux outils classiques de conditionnement de la justice étrangère
3. Les conflits de procédures, occasions de dialogue
B. La codétermination dialoguée des standards de la justice civile internationale
1. Procédure et droit applicable au fond
2. Négociation de la compétence judiciaire internationale
Par. 2. Manifestations et conséquences
A. Domaines privilégiés de la concertation judiciaire transnationale
1. Contentieux familial (exemple du Réseau des juges de La Haye)
2. Insolvabilité
3. Contentieux collectif ou d’intérê publict
B. Outils avérés ou possibles
1. La convention transnationale de procédure (notion, régime)
2. Les renvois partiels de compétence et la question préjudicielle transnationale

Section 3. Sur le devoir coopératif des juges ou autorités dans les affaires internationales
A. Situation actuelle
B. Réflexion prospective
Conclusion de la Première partie
Seconde partie. Verticalisation – Les réponses institutionnelles à la compénétration des sphères juridiques

Chapitre V. La cohérence du droit à travers les organisations fédératives

Section 1. Réalisations à partir du droit public
Par. 1. L’expérience européenne : l’intégration par le mouvement
A. Vie transfrontière des individus et « citoyenneté de mouvement »
1. Reconnaissance des certificats et documents
2. Articulation des compétences normatives et exécutives (travail et sécurité sociale)
3. Répression pénale et administrative des délinquants
B. Activité ubiquitaire des entreprises
1. Mobilité et ubiquité ; la co-action administrative dans la vie internationale des affaires
2. Le droit de la concurrence et ses avatars
3. Entreprises systémiques du secteur bancaire et financier
4. Collecte et exploitation des données personnelles
Par. 2. Systématisation sous l’angle institutionnel
A. Accentuation de la coopération horizontale
1. L’acte administratif (ou public) transnational – approches théoriques
2. Variété des formes d’interaction administrative
3. La reconnaissance mutuelle automatique et ses nécessaires limites
a) En matière administrative, en général
b) En matière répressive, en particulier
B. Les organes administratifs supra-étatiques
1. Vocation fédérative de la Commission européenne et des agences spécialisées
2. Gestion des frontières extérieures de l’espace régional

Section 2. La discipline verticale des conflits de lois dans l’intérêt des personnes privées
Par 1. Questions institutionnelles: les procédures supra-étatiques
A. L’expérience fédérale nord-américaine
1. L’organisation judiciaire aux Etats-Unis
2. Le choix d’un règlement décentralisé des conflits internationaux de lois
B. Autres modèles et réalisations
1. Contre-exemples à la retenue constitutionnelle nord-américaine
2. Autorités supranationales sectorielles
3. Juridictions de contrôle ex post ou ex ante
4. Les utilités multiples de la «coopération préjudicielle »
Par 2. Verticalité et cohérence du droit applicable
A. D’en haut : un autre regard sur les conflits internationaux de lois
1. Mise à nu de conflits classiques, réputés insolubles
2. Résorption automatique (et discutable) de certains autres conflits
3. Frictions et incertitudes d’un genre nouveau
B. Règlement supra-étatique des conflits
1. Législation uniforme produite par l’organisation
2. Interprétation des libertés et principes généraux de l’organisation fédérative. La préemption juridictionnelle
C. Appréciation de la discipline verticale prétorienne
1. Entre prérogative procédurale individuelle et pouvoir supra-étatique : triangulation institutionnelle et « conflits diagonaux »

2. De l’usage raisonnable des pouvoirs interprétatifs supra-étatiques

Chapitre VI. Droit et justice en surplomb des Etats

Section 1. Les institutions du droit de la paix
Par. 1. La justice supra-étatique instituée par traité
A. Retour sur le traité international et les relations qu’il institue
1. Le traité en tant que « loi commune »
2. Le mécanisme de la stipulation interétatique pour autrui
B. Réalisations passées et actuelles
1. Arbitrage ou justice spécialisée dérivant des traités
2. L’expérience des tribunaux binationaux, notamment des « tribunaux arbitraux mixtes »
Par. 2. L’Organisation des Nations Unies
A. Verticalité limitée de l’institution
1. En matière d’exécution forcée
2. En matière d’harmonisation des lois
B. Une juridiction centrale de ressort mondial
1. La Cour internationale de Justice : sa nature, son office
2. Règles de droit international appliquées
C. Les droits individuels dans la jurisprudence des juridictions internationales généralistes

Section II. Fragmentation institutionnelle internationale et renouveau du jus commune
Par 1. Parcellisation du droit, les leçons de la doctrine publiciste
A. Des conflits de traités aux conflits de procédures supra-étatiques (le rapport de 2006 établi sous les auspices de la Commission du droit international)
1. Aspects normatifs
2. Aspects institutionnels
B. Gestion de la pluralité institutionnelle
1. La compétence des institutions supranationales considérées
2. Conflits de procédures spécialisées et cohérence inter-institutionnelle
3. Disponibilité des instruments généraux de la cohérence inter-institutionnelle
Par. 2. Multiplicité des régimes juridiques, cohérence du droit
A. Le rôle contemporain des Etats. La souveraineté à sa juste place
1. La souveraineté des Etats, principe et fonctions
2. L’Etat-interface ; les modalités nouvelles de la souveraineté en matière juridique
B. Les valeurs et standards juridiques communs
1. La fertilisation judiciaire des principes généraux
2. Les valeurs énoncées par des conventions internationales ou déclarations de portée générale
C. Outils et lieux de résorption des discordances juridiques. La fin de la justice spatialisée ?
1. Discordances juridiques et judiciaires dans les relations internationales
2. Lieux et méthodes de résorption
3. Utilité de la juridiction supra-étatique subsidiaire

Conclusion générale. La fin des autarcies; le droit au-delà des territoires

Index

A propos de l’auteur
  • Collapse
  • Expand

Manufacturer information:
Koninklijke Brill B.V. 
Plantijnstraat 2
2321 JC
Leiden / The Netherlands
productsafety@degruyterbrill.com