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« Le mal ne s’enracine pas dans l’instauration ». La question du mal dans le shiʿisme ismaélien

in Oriens
Autor:in:
Daniel De Smet Centre National de la Recherche Scientifique – Université de Paris Sciences et Lettres – Laboratoire d’études sur les Monothéismes

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Abstract

As is the case with other Shiʿi traditions, Ismailism developed a dualistic worldview ruled by the opposition between good and evil, light and darkness. However, it is a rather moderate form of dualism, as the principle of evil is not coexistent with the Creator or has not been created by Him. Evil only appears at a lower level of the cosmic hierarchy. This doctrine has been elaborated in four different ways in the history of Ismailism. We first meet a gnostic thesis where evil is the result of a rebellion in the intelligible world; second, there is a Neoplatonic thesis where evil and imperfection are caused by the process of emanation itself; and third, we distinguish a philosophical thesis where the generation of evil by “second intention” belongs to the rule of divine providence. Finally, Ṭayyibī authors in the 12th century made a synthesis of the three positions.

L’ismaélisme, à l’instar d’autres courants shiʿites, prône une vision dualiste du monde marquée par l’opposition éternelle entre le bien et le mal, la lumière et les ténèbres. Cependant, il s’agit d’un dualisme mitigé, où le mal n’est ni coexistant avec le Créateur, ni instauré par Lui, mais apparaît à un degré inférieur de la hiérarchie cosmique. Cette thèse a été développée de quatre manières différentes au cours de l’histoire doctrinale de l’ismaélisme. Nous distinguons successivement une thèse gnostique où le mal est le résultat d’une révolte dans le monde intelligible, une thèse néoplatonicienne où le mal et l’imperfection sont générés par le processus de l’émanation, et une thèse philosophique où le mal est causé par « seconde intention » par la Providence divine. Une synthèse de ces trois thèses a été élaborée dans le Ṭayyibisme à partir du 12e siècle.

Résumé

L’ismaélisme, à l’instar d’autres courants shiʿites, prône une vision dualiste du monde marquée par l’opposition éternelle entre le bien et le mal, la lumière et les ténèbres. Cependant, il s’agit d’un dualisme mitigé, où le mal n’est ni coexistant avec le Créateur, ni instauré par Lui, mais apparaît à un degré inférieur de la hiérarchie cosmique. Cette thèse a été développée de quatre manières différentes au cours de l’histoire doctrinale de l’ismaélisme. Nous distinguons successivement une thèse gnostique où le mal est le résultat d’une révolte dans le monde intelligible, une thèse néoplatonicienne où le mal et l’imperfection sont générés par le processus de l’émanation, et une thèse philosophique où le mal est causé par « seconde intention » par la Providence divine. Une synthèse de ces trois thèses a été élaborée dans le Ṭayyibisme à partir du 12e siècle.

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