Subjectiver le document ?
In: Territoires de la non-fictionSearch for other papers by Claude Pérez in
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Prenant appui sur un corpus à la fois récent, international et diversifié (l’Art poetic’ d’Olivier Cadiot ; La Petite Danseuse de Camille Laurens ; Hammerstein, de Hans-Magnus Enzensberger ; Les Abeilles d’Aristée, de Vladimir Weidlé ; The Necessary Angel, de Wallace Stevens) l’article s’emploie à déconstruire l’hypothèse un peu rustique selon laquelle l’usage du document, si en vogue aujourd’hui, ferait obstacle à la subjectivation. Il montre par contre comment cet usage s’accorde avec une idée de l’invention qui s’écarte du mythe romantique de la création et du créateur, pour leur préférer des inventeurs (ou des bricoleurs) désublimés, démajusculés, descendus de leur piédestal. Et il montre aussi comment cette pression aujourd’hui du document (qui confirme les hypothèses de Thomas Pavel sur la réduction de la distance imaginative) répond tout à la fois aux analyses de Stevens sur la pression du réel et (peut-être) à la prédiction de Beckett : « Il y aura forme nouvelle et cette forme sera d’un genre tel qu’elle fasse une place au chaos »